6ème épisode des aventures cauchemardesques de Freddy Krueger
| titre original | "Freddy's dead : The final nightmare" |
| année de production | 1991 |
| réalisation | Rachel Talalay |
| interprétation | Robert Englund, Yaphet Kotto |
| épisodes précédents | • "Les griffes de la nuit", Wes Craven, 1985 |
| • "La revanche de Freddy", Jack Sholder, 1985 | |
| • "Les griffes du cauchemar", Chuck Russell, 1987 | |
| • "Le cauchemar de Freddy", Renny Harlin, 1988 | |
| • "L'enfant du cauchemar", Stephen Hopkins, 1989 | |
| épisode suivant | • "Freddy sort de la nuit", Wes Craven, 1994 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Les amateurs de slashers savent bien que la mort annoncée de leurs croquemitaines favoris n’est souvent qu’illusoire. Après tout, "Vendredi 13 : chapitre final" et "Vendredi 13 : l’ultime retour" n’en finissaient plus d’annoncer le trépas très peu définitif de ce bon vieux Jason
Voorhees. Ainsi, lorsque New Line se mit à crier au loup avec "La fin de Freddy", plus personne n’était vraiment dupe (il y eut en
effet 2 autres séquelles, "Freddy sort de la nuit" et "Freddy contre Jason").
Prêts à jouer le jeu malgré tout, nous découvrîmes avec surprise un nom féminin derrière la caméra. Hélas ! Nous ne savions pas encore que le talent et les goûts artistiques de Rachel Talalay étaient à ce point discutables, comme allaient le confirmer "Ghost in the machine" et "Tank girl".
Car en guise de bouquet final, "La fin de Freddy" n’est qu’un pétard
mouillé. S’ouvrant pourtant sur une prometteuse double référence à "La quatrième dimension" et au "Magicien d’Oz", ce
dernier rejeton d’une fort inégale série va plus loin encore que ses prédécesseurs dans le registre de la paresse scénaristique. Les héros sont un nouveau groupe d’adolescents s’efforçant de
faire apparaître Freddy Krueger dans le monde réel pour pouvoir le détruire. Ici, le rêve est bien plus un prétexte qu’un moteur dramatique. Des moments potentiellement très riches, comme
l’enfance de Freddy, ses relations avec son père, sa fille et sa femme, sont survolés sans profondeur, et la mise en scène de Rachel Talalay, pour propre et carrée qu’elle soit, n’a ni style ni
rythme.
Quant aux guest-stars qui pointent régulièrement le bout de leur nez (Johnny Depp,
Alice Cooper, Roseanne Barr), elles ne font que renforcer le caractère burlesque du film. Nous sommes bien loin de
l’atmosphère oppressante des "Griffes de la
nuit". Ici, l’ambiance est plus propice à la blague potache et au pastiche qu’à la terreur et l’épouvante. La mort de Freddy elle-même, qui évoque
celle de Piper Laurie dans "Carrie au bal du diable", manque singulièrement de panache. Celle qui lui était réservée à la fin du "Cauchemar de Freddy", pourtant provisoire, était autrement plus inventive. Même les effets spéciaux, points forts habituels de la série, s’avèrent passables, en tout cas largement
au-dessous du niveau général des épisodes précédents.
A l’époque de sa sortie, "La fin de Freddy" bénéficia d’un argument
marketing propre à amuser la plupart des fans : le relief, alors un peu tombé en désuétude. Ce fut donc le grand retour des lunettes en carton aux verres rouges et bleus. En réalité, seule la
dernière séquence du film bénéficie d’effets 3D (le personnage féminin principal chaussant lui-même des lunettes spéciales à ce moment précis pour que le spectateur sache quand s’équiper !). Et
si la mise en scène joue dès lors avec la profondeur des décors et les avant-plans, force est de reconnaître que le relief ne dépasse jamais son statut de gadget et ne permet guère au
climax de gagner en ampleur et en intérêt. D’ailleurs, lorsque le film fut distribué plus tard en vidéo, la 3D fut supprimée, à l’exception de quelques copies commercialisées en
Grande-Bretagne.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |