| titre original | "Bats" |
| année de production | 1999 |
| réalisation | Louis Morneau |
| scénario | John Logan |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Série B d'épouvante pas morte. S'en réjouir.
Review de Gilles Penso
(www.filmsfantastiques.com)
"La nuit des chauves-souris" est le 8ème film de Louis
Morneau, un réalisateur amoureux du genre qui nous offrit notamment "Carnosaur 2", "Rétroaction" et "Fausse donne". Si Morneau s'est toujours cantonné aux sympathiques séries B, son scénariste John Logan est depuis longtemps entré
dans la cour des grands, puisqu'il signa des scripts de haut niveau pour Ridley Scott ("Gladiator"), Martin Scorsese ("Aviator") ou encore Tim Burton
("Sweeney Todd"). Marchant volontiers sur les traces des "Oiseaux" d'Hitchcock, Morneau et
Logan nous offrent ici un petit film à mi-chemin entre l'épouvante et la catastrophe, plein d'énergie et de second degré, qui se consomme sans modération et avec un vrai plaisir
d'amateur.
Dans une petite ville du Texas, plusieurs cadavres d'animaux sont retrouvés mutilés. Lorsque les victimes suivantes sont humaines, les autorités commencent
à s'inquiéter sérieusement. Les coupables semblent être des chauve-souris indonésiennes mutantes. Responsable
de leur mutation, le docteur Alexander Mc Cabbe (Bob Gunton) leur a inoculé un virus afin d'accroître leur intelligence, leur aptitude à travailler
collectivement et leur agressivité. Autre caractéristique non négligeable : elles sont maintenant omnivores, avec un penchant tout particulier pour la viande. Evidemment, le gouvernement, en
quête de nouvelles formes d'armes, est derrière cette hérésie. Avant que ces chauves-souris
monstrueuses ne prolifèrent, la zoologiste Sheila Casper (Dina Meyer), son assistant Jimmy (Leon) et le shérif Emmett
Kimsey (Lou Diamond Philips) font équipe, leur but premier étant d'éviter à tout prix qu'elles ne propagent le virus aux chiroptères non encore contaminés. «
Si leurs habitudes alimentaires se dérèglent, on peut dire adieu à cette belle chose qu'est l'équilibre alimentaire » lance la belle Sheila en guise de signal d'alarme.
Si le sujet est très classique, Louis Morneau sait le transcender par la vigueur de sa mise en scène. La caméra est en mouvement permanent, le montage est
nerveux, les cadres en Scope très soignés et la magnifique photo de George Mooradian valorise à merveille les basses lumières.
Mélange d'images de synthèse et de marionnettes, les créatures constituent une menace
tangible, palpable. Rarement chauves-souris auront été aussi effrayantes à l'écran. "La nuit des chauves-souris" collecte d'ailleurs quelques séquences d'anthologies héritées
presque toutes des "Oiseaux" : la première attaque dans la voiture, l'invasion spectaculaire de la ville de Gallup, l'assaut du collège barricadé ou encore le
final au cours duquel les héros harnachés comme des cosmonautes affrontent les monstres dans leur repaire souterrain.
Suspense à foison, effets pyrotechniques généreux, scènes de panique à grande échelle... Morneau n'y va pas avec le dos de la cuiller et nous donne l'impression d'une superproduction avec un
budget pourtant très modeste de 6,5 millions de dollars (5 fois moins qu'un "Arachnophobie" produit pourtant près de 10 ans plus tôt !).
C'est dire le savoir-faire et la dévotion de cet artisan pas toujours reconnu à sa juste valeur.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |