| titre original | "Jason goes to hell : the final friday" |
| année de production | 1993 |
| réalisation | Adam Marcus |
| épisodes précédents | • "Vendredi 13", Sean S. Cunningham, 1980 |
| • "Le tueur du vendredi", Steve Miner, 1981 | |
| • "Meurtres en trois dimensions", Steve Miner, 1982 | |
| • "Vendredi 13 : chapitre final", Joseph Zito, 1984 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 5 : une nouvelle terreur", Danny Steinman, 1985 | |
| • "Jason le mort-vivant", Tom McLoughlin, 1986 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 7 : un nouveau défi", John Carl Buechler, 1988 | |
| • "Vendredi 13, l'ultime retour", Rob Hedden, 1989 | |
| épisode suivant | "Jason X", James Isaac, 2001 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
C'est difficile à croire, vu les peu glorieux antécédents cinématographiques de Jason Voorhees, mais ce 9ème "Vendredi 13" est un petit régal. La situation de base rassemble une bonne partie des
affligeants clichés de la série : une jeune femme, seule à Crystal Lake, est attaquée en pleine nuit par Jason, qui la poursuit à travers la forêt. Perplexe, le spectateur regarde
l'écran avec distance. Soudain, une armada de tireurs du F.B.I. surgit de derrière les fourrés et mitraille l'assassin, jusqu'à ce que son corps explose littéralement. L'unité spéciale se
retourne vers la jeune femme : "Bien joué, agent Marcus !" Voila un angle d'attaque pour le moins inattendu, mais le spectateur n'est pas au bout de ses surprises. Une série d'effets de volets
noirs permet ensuite au texte du générique de s'intercaler dans les plans de l'autopsie de Jason, un découpage judicieux révèlant déjà, quoique de manière encore très embryonnaire, que le
réalisateur Adam Marcus a décidé de s'engager sur la voie de l'inventivité.
Et effectivement, dès la fin du générique, le film bascule dans le fantastique pur, en nous révélant que Jason peut voyager de corps en corps, ce qui explique ses résurrections régulières au fil
des épisodes, son essence maléfique se transmettant par la bouche. Ce concept complètement inattendu évoque évidemment "Hidden", mais il faut sans doute y voir un clin
d'œil plutôt qu'un plagiat. Car la vraie surprise de cet épisode réside dans le mélange du surnaturel, une idée déjà très réjouissante, avec l'auto-dérision permanente, une seconde idée carrément
jubilatoire. Dès lors, le spectateur est aux anges. Lui qui s'apprêtait à se moquer du film, comme il le fit probablement avec les épisodes précédents, le voilà qui rit avec le film, une nuance
de taille : on ne s'ennuie pas une seconde à la vision de ce "Jason va en enfer". Cette 9ème mouture se détache d'ailleurs volontairement des autres puisque Jason, qui apparaît
en pleine forme dès le début du film, se décomposait dans les égouts de Manhattan à la fin du 8ème épisode.
Ici, Jason est poursuivi par Creighton Duke, une espèce de Van Helsing chasseur de prime qui,
allez savoir pourquoi, est le seul à connaître le point faible du meurtrier, un point faible prétexte qui semble s'inspirer de "La fin de Freddy". Au titre
des excellentes idées, on notera toute une série de clins d'œil au cinéma d'épouvante, en particulier l'apparition en guest stars d'objets divers comme le Livre des Morts de "Evil dead", la
caisse de "Creepshow" ou encore le gant de Freddy Krueger. Les morts violentes prennent toutes des tournures de gags cartoonesques, en particulier la mâchoire ravalée d'une victime ou la
liquéfaction complète d'une autre. La mort de Jason - inévitable et toujours provisoire - est un véritable délire visuel qui évoque, pèle mêle, "Evil dead", "Le cauchemar de Freddy", "Histoire de fantômes chinois" ou même "Starman". Saluons comme il se doit cette nouvelle
orientation (bien tardive tout de même) vers la parodie qui aurait bien pu transformer la série en "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" du film d'horreur.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |