titre original "A civil action"
année de production 1998
réalisation Steven Zaillian
photographie Conrad Hall
musique Danny Elfman
interprétation John Travolta, Robert Duvall


Review de Pierre

Attention, on est dans la catégorie "poids lourds", avec ce film hollywoodien de classe A à tous les étages :
- à la mise en scène, Steven Zaillian, scénariste de "La liste de Schindler" et réalisateur en 1993 de "Searching for Bobby Fischer" ;
- à la photo, Conrad Hall, un chef op' star parmi les stars, spécialiste des clairs-obscurs et ambiances feutrées, mort en 2003 après avoir participé à "Marathon man", "Butch cassidy", "In cold blood", "Fat city" entre autres ;
- Robert Redford à la production ;
- Danny Elfman à la (discrète) zique ;
- et un casting de ouf malade, avec du grand second couteau dans chaque rôle : John Travolta en leader bien sûr, puis William H. Macy, John Lightgow, Gandolfini, Kathy Bates, Sydney Pollack, Tony Shalhoub (l'avocat du "Barber" des Coen), tous dans des rôles petits mais marquants.

Et un pitch à la mesure de toute cette pléiade : le même procès que celui d'"Erin Brokovitch" ("Préjudice" est sorti un an avant), à savoir une petite vieille dans les enfants sont morts ou malades pour cause d'eau contaminée.

Bon, ben rien que tout ça, en roue libre, ça suffit bien sûr à faire le show. D'autant que - je vous ai réservé le meilleur - il y aussi un formidable rôle pour ROBERT DUVALL, qui est tout simplement DEMENTIEL. Non pas que sa prestation de vieux briscard soit originale, mais bon, le mec fait un cours de droit au spectateur, et il est passionnant. Grande scène : Travolta et Duvall attendant un verdict ensemble dans le couloir.

Le scénario est souvent brillant, les acteurs tous parfaits (Pollack, génial comme souvent).
Malheureusement, il y a quelques petits soucis : la fin, assez originale et "downtempo" (j'me comprends) est un peu frustrante (je n'en dis pas plus). Les points juridiques sont bien rendus, mais il manque parfois un peu d'émotion. Travolta, dans une prestation réussie d'avocat cynique qui refuse la transaction (un cliché toujours efficace) n'a pas toujours des scènes suffisamment amples pour s'exprimer (le montage alterné de plusieurs séquences en diminue l'impact). A la rigueur : le film aurait mérité d'être un peu plus long - d'autant qu'on ne s'ennuie pas - pour que l'émotion s'installe vraiment. Tous les autres ingrédients y sont.

Notons que j'ai découvert ce film parce que James Lipton (l'Actor's studio) en chante les louanges assez souvent. Ma foi, vu les acteurs, je peux le comprendre.

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