Il convient de distinguer les deux genres cinématographiques que sont le fantastique et la science-fiction (abrégé en SF).
Le cinéma fantastique est un genre regroupant des films faisant appel au surnaturel. L'intrigue d'un film fantastique se fonde ainsi sur des éléments communément considérés comme matériellement impossibles
et irrationnels (existence de créatures légendaires telles que les vampires ou les loups-garous, apparitions de fantômes, voyage dans l'au-delà...).
Le fantastique est un genre encore plus vaste au cinéma qu'en littérature : si, en littérature, il ne concerne que les œuvres évoquant l'intrusion du surnaturel dans un cadre familier au lecteur
(par opposition au merveilleux, qui présente des mondes où tout, ou presque, est surnaturel), au cinéma, il inclut également des films présentant des mondes
magiques, entièrement surnaturels. Par exemple, le roman "Le seigneur des anneaux" de J.R.R. Tolkien sera classé dans le merveilleux (plus spécifiquement dans l'heroïc fantasy),
alors que son adaptation cinématographique par Peter Jackson sera considérée comme relevant du fantastique.
Il apparaît dès lors logique que le cinéma fantastique se caractérise par sa diversité. Il regroupe en effet :
- des œuvres inspirées du merveilleux et de la fantasy/l'heroïc
fantasy (qui ne sont pas considérés à l'heure actuelle comme des genres cinématographiques à part entière), c'est-à-dire des films mettant en scène des univers où la magie et
l'irrationnel font partie du quotidien des personnages ;
- des films d'horreur faisant appel au surnaturel ("Halloween, la nuit des masques", qui met en scène un tueur immortel) - tous les films fantastiques n'étant
donc pas des films d'horreur, et réciproquement ;
- des comédies où la magie est un élément-moteur du scénario ;
- des films d'inspiration surréaliste.
Le cinéma fantastique ne doit cependant pas être confondu avec le cinéma de
science-fiction, qui, certes, met souvent en scène des faits considérés comme impossibles, mais les présente toujours comme rationnels, alors que le fantastique inclut une dimension inexplicable.
Il convient, pour bien comprendre, de se référer à la définition de la science-fiction au cinéma proposée par Jean-Claude Romer : on peut parler de science-fiction lorsque, dans le monde du réel,
il y a intervention d'une intelligence humaine ou extraterrestre dans le processus de phénomènes incompatibles avec les lois dites "naturelles".
Ainsi, le héros de "Retour vers le futur" voyage dans le temps grâce à un procédé scientifique, à savoir une machine conçue à cet effet ; cette œuvre relève
donc de la science-fiction, par opposition aux films qui mettent également en scène un voyage dans le temps, mais ne lui donnent pas d'explication rationnelle (les héros voyagent dans le temps du
fait de la magie, grâce à l'action d'un enchanteur, par exemple) et relèvent donc du fantastique.
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |