18ème volet de la saga James Bond
| titre original | "GoldenEye" |
| année de production | 1995 |
| réalisation | Martin Campbell |
| musique | Eric Serra |
| chanson | Tina Turner |
| interprétation | Pierce Brosnan*, Sean Bean, Famke Janssen, Judi Dench |
* 1ère interprétation du personnage
◊ Les autres James Bond des années 90 : cliquer
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Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
C'est le 18ème film d'une série qui commence à s'user, d'autant que Pierce Brosnan n'emporte pas l'adhésion en James Bond.

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Six ans après "Permis de tuer", MGM/UA et Eon trouvèrent enfin un accord juridique leur permettant de relancer la licence James Bond. Envisagé dans le rôle de l'agent 007 dès 1987, Pierce Brosnan accepta sans hésiter de donner à Bond son 5ème visage officiel. Cette fois-ci, l'agent secret a pour mission d'empêcher l'organisation criminelle Janus de
s'emparer d'une arme secrète capable de brouiller tout dispositif électronique - avion, train, ordinateur, téléphone, etc. - dans un rayon de 100 kilomètres.
Brosnan emprunte à Connery, Moore et Dalton plusieurs composantes de leur interprétation pour camper un James Bond moins brutal que le premier, plus sérieux que le deuxième et moins réaliste
que le troisième. Cet adoucissement n'est hélas pas loin de l'édulcoration. Certes, Brosnan s'en tire grâce à son indéniable « gueule de l'emploi », mais il faudra attendre l'épisode suivant pour qu'il approfondisse sa version du personnage.
A l'avenant, le film tout entier est un produit un peu hybride, qui s'efforce de renouer avec l'esprit de la série tout en s'inscrivant dans le cinéma d'action des années 90, dont les codes ont
été redéfinis entre-temps par "58
minutes pour vivre", "Speed" et les suites de "L'arme fatale". D'une manière générale, les
séquences d'action de "Goldeneye" sont remarquablement menées, en particulier la poursuite en tank dans les rues de Saint-Petersbourg. Mais entre les passages mouvementés, le
rythme se relâche souvent, un défaut que l'on pouvait déjà constater dans les œuvres précédentes de Martin Campbell ("Détective Philip Lovecraft" et "Absolom
2022").
Cela dit, soucieux de retourner aux sources, "Goldeneye" joue volontiers avec l'imagerie inscrite depuis le début des années 60 dans l'esprit du public : les filles en ombres
chinoises qui se déhanchent pendant la chanson du générique (interprétée par une Tina Turner en très grande forme), Bond en smoking défiant une femme fatale
dans le casino de Monte-Carlo, ou encore le retour de la fameuse Aston Martin de "Goldfinger".
Côté James Bond girls, "Goldeneye" manque en revanche de panache. Si Izabella Scorupco peut dégager un indéniable charme (voir sa prestation
dans le "Vertical limit" du même Martin Campbell), elle manque ici singulièrement de sensualité, dans le rôle de l'informaticienne Natalya qui se jette dans
les bras de Bond après avoir échappé à l'explosion d'une station de surveillance radar, d'un hélicoptère et d'une locomotive, rien que ça ! La redoutable Xenia interprétée par Famke Janssen a bien plus d'attrait. Telle un
boa constrictor, elle s'avère capable d'étouffer les hommes entre ses cuisses.
Ici, Moneypenny a pris les traits de la sympathique Samantha Bond (ça ne s'invente pas !) et « M » a changé de sexe, une idée excellente qui permet à sa
charismatique interprète Judi Dench de lâcher quelques belles piques à Bond, n'hésitant pas à le qualifier de « sexiste, misogyne et dinosaure - une relique
de la guerre froide. »
Plein de bonnes intentions, bien qu'encombré de quelques fautes de goût dont la moindre ne fut pas de confier la partition à un Eric Serra fort mal inspiré,
ce premier James Bond des années 90 marquait le retour hésitant d'un héros qui allait s'affiner 2 ans plus tard.
Couverture du Cinefantastique de décembre 1995
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |