20ème volet de la saga James Bond

| titre original | "The world is not enough" |
| année de production | 1999 |
| réalisation | Michael Apted |
| chanson du générique | Garbage |
| interprétation | Pierce Brosnan*, Robert Carlyle, Sophie Marceau, Denise Richards, John Cleese |
* 3ème interprétation du personnage
◊ Les autres James Bond des
années 90
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Une nouvelle version des exploits de l'agent 007 fidèle à la tradition, avec Sophie Marceau en contre-emploi.

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
"Le monde ne suffit pas" accroche son spectateur dès sa séquence pré-générique, la plus longue de toute la saga James Bond (elle dure plus d'un quart d'heure). Plus à l'aise que
jamais dans le rôle de l'agent 007, Pierce Brosnan revient au QG du MI6 après une opération rondement menée à Genève (au cours de laquelle il nous délecte de
quelques répliques cyniques à l'encontre des banques suisses) et assiste impuissant à l'assassinat du magnat du pétrole Sir Robert King, dans l'enceinte même du bâtiment ultramoderne des services
secrets britanniques. La tueuse, une beauté exotique fumant le cigare, est aussitôt prise en chasse par Bond, au cours d'une hallucinante course-poursuite en hors-bord en pleine Tamise, version
grandement améliorée de celle de "Vivre et laisser mourir" située dans les canaux de la Louisiane. 007 parvient à éliminer sa cible avant qu'elle ne
s'enfuie en montgolfière, mais il s'en tire avec un bras cassé et pas mal d'ecchymoses, tandis que retentit la prodigieuse chanson du générique entonnée par le groupe Garbage.
Quel dommage que la suite du film ne soit pas à la hauteur de ce remarquable prologue ! La faute n'en incombe guère à Michael Apted (pourtant plus habitué aux
drames réalistes comme "Gorilles dans la
brume" qu'aux films d'action), mais à un scénario bancal rédigé à six mains par Neal Purvis, Robert Wade et Bruce Feirstein. L'une des plus grosses erreurs aura sans doute été de sous-exploiter un vilain au potentiel pourtant
énorme : Renard, un criminel international à l'origine de l'attentat contre King, qui ne ressent aucune douleur depuis qu'une balle a été logée dans son cerveau, et à qui l'excellent Robert Carlyle prête ses traits anguleux. Ce dernier n'intervient hélas que dans une poignée de séquences peu palpitantes, le film se concentrant davantage sur Elektra
King, la fille du magnat assassiné qui s'avère être la véritable méchante de l'histoire. Mais Sophie Marceau, son interprète, n'a pas vraiment le charisme
requis par un tel personnage, malgré une confrontation finale avec Bond qui restera dans les annales.
Et que dire du docteur Christmas Jones, incarné par la plantureuse Denise Richards ? Pas du tout crédible en éminente spécialiste de la physique atomique,
l'héroïne de "Starship
troopers" et "Sexcrimes" se contente de cambrer les reins pour mettre en avant son agressive poitrine et fait littéralement figure de potiche,
à tel point qu'on pourrait effacer son personnage du scénario sans la moindre incidence sur l'intrigue.
Restent quelques moments d'humour réussis, comme les interventions de John Cleese dans le rôle de l'assistant de Q, et deux ou trois séquences d'action
énergiques, mêmes si celles-ci n'atteignent jamais le degré d'inventivité du pré-générique, se contentant souvent d'emprunter des voies déjà balisées par les films précédents de la série.
Contrairement à "Demain ne meurt
jamais", le titre "Le monde ne suffit pas" fait directement référence à un roman d'Ian Fleming, en l'occurrence "Au service secret de Sa
Majesté", dans lequel nous apprenons que cette phrase (dans sa version latine Orbis non sufficit) est la devise de la famille Bond depuis de nombreuses générations.
Couverture du Cinefantastique de décembre 1999
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |