19ème volet de la saga James Bond



| titre original | "Tomorrow never dies" |
| année de production | 1997 |
| réalisation | Roger Spottiswoode |
| chanson du générique | Sheryl Crow |
| musique | David Arnold |
| interprétation | Pierce Brosnan*, Jonathan Pryce, Teri Hatcher, Michelle Yeoh |
* 2ème interprétation du personnage
◊ Les autres James Bond des années 90
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Chute spectaculaire, poursuite à moto, bataille sous-marine, le producteur n'a pas lésiné sur les effets spéciaux.
Mais le charme initial des James Bond s'est estompé.

Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Avec "Demain ne meurt jamais", la nouvelle équipe à la tête de la franchise James Bond conçoit l'un des meilleurs films de la série, et ce, malgré une préparation chaotique,
d'incessantes réécritures, d'innombrables incidents émaillant chaque étape du tournage et un budget atteignant les 100 millions de dollars.
Œuvre de Bruce Feirstein, le scénario lance l'agent 007 à la recherche de l'épave du Devonshire, une frégate de la Royal Navy égarée dans les eaux
territoriales chinoises. Son enquête le mène jusqu'à Henry Gupta, un ancien gauchiste activement recherché par le F.B.I. qui semble être à l'origine de la destruction du navire. Mais un cerveau
se cache derrière tout ça : celui d'Elliot Carver, propriétaire du quotidien Tomorrow et patron du plus grand empire médiatique de tous les temps. Pour éliminer définitivement toute
concurrence, Carver a établi un plan d'attaque impensable : provoquer lui-même les catastrophes, les guerres et les attentats pour pouvoir être le premier à les annoncer au public
!
Après l'effondrement du bloc de l'Est et la fin de la guerre froide, les scénaristes de la série étaient bien obligés d'inventer de nouveaux types de super-vilains et de moderniser leurs
motivations. Avec Carver, devenir maître du monde équivaut à contrôler l'information sur la planète, et c'est une idée de génie, d'autant que c'est l'excellent Jonathan Pryce qui incarne avec cynisme et intelligence ce mégalomane assumé (après le désistement d'Anthony Hopkins).
A ses côtés, Gotz Otto campe un gros bras aryen qui fait écho au Necros de "Tuer n'est pas jouer", et Vincent Schiavelli incarne le savoureux docteur Kaufman, un assassin professionnel exagérément poli. Du côté des Bond girls, rien à redire : Michelle Yeoh, superstar du cinéma de Hong Kong, incarne un agent chinois au moins aussi performant que Bond lui-même (une série de films entièrement consacrés à son
personnage fut d'ailleurs envisagée), et Teri Hatcher, transfuge de la série "Loïs et Clark", joue Paris Carver, une ancienne petite amie de Bond au caractère
bien trempé. Quant à Pierce Brosnan, il a étoffé son jeu et son look, effaçant les derniers stigmates de sa période "Remington Steele" et marquant
indélébilement le personnage de son empreinte.
Réalisateur d'"Under
fire", Roger Spottiswoode s'avère plus à l'aise que son prédécesseur Martin
Campbell dans le domaine des séquences d'action inédites, notamment lorsque Brosnan et Yeoh dégringolent le long d'un building en s'accrochant à une immense affiche ou s'enfuient sur une
moto prise en chasse par un hélicoptère particulièrement agressif.
Pour une fois, le titre du film ne se réfère pas à l'univers de Ian Fleming, mais au méchant, dont le journal arbore fièrement la devise "Tomorrow never lies".
Prévu à l'origine pour composer la bande originale, John Barry déclina l'offre lorsqu'il découvrit qu'il n'aurait pas son mot à dire sur la chanson du
générique. David Arnold, inconditionnel admirateur de Barry, prit donc la relève en signant une musique époustouflante, gorgée de références aux
orchestrations, aux mélodies et aux gimmicks de son maître à penser, et judicieusement modernisée par l'intervention du groupe Propellerheads.
Couverture du Cinefantastique de janvier 1998
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |