Evil dead 3
| titre original | "Army of darkness" |
| année de production | 1992 |
| réalisation | Sam Raimi |
| scénario | Sam Raimi |
| musique | Danny Elfman |
| interprétation | Bruce Campbell, Bridget Fonda |
| épisodes précédents | • "Evil dead", Sam Raimi, 1982 |
| • "Evil dead 2", Sam Raimi, 1987 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Après un "Evil dead" très sombre et un "Evil
dead 2" oscillant entre l'horreur sordide et le burlesque cartoonesque, Sam Raimi et son producteur Robert Tapert se lancent dans une "Armée des ténèbres" complètement exempte de gore, laissant place à une épopée fantastique et médiévale à grand
spectacle, ponctuée d'humour nonsensique. Ici, les influences ne sont donc plus "L'Exorciste", "La nuit des morts-vivants" et H.P. Lovecraft, mais plutôt "Jason et les Argonautes", les dessins de Frank Frazetta et les
récits d'héroïc-fantasy.
Une tronçonneuse greffée au poignet, un fusil à canon scié dans l'autre main, Ash (Bruce Campbell) remonte le cours du temps jusqu'à l'an 1300 face au roi
Arthur. Poursuivi par des forces diaboliques, il doit retrouver le Necronomicon, ce fameux grimoire qui pourra le renvoyer à son époque. Mais par maladresse, il réveille une armée de
cadavres, dirigée par Evil Ash qui n'est autre que son double maléfique. Armés de pied en cap, et se ralliant de nouveaux membres à chacune de leurs victimes, les morts assiègent le château
d'Arthur.
Désireux de rendre hommage à Ray Harryhausen, Sam Raimi ponctue son film d'un bestiaire référentiel. Le premier est une harpie démoniaque arborant quatre bras
crispés et des ailes translucides, qui attaque le château d'Arthur et enlève Sheila (Embeth Davidtz). Mais la référence au maître des monstres animés apparaît
pleinement dans une séquence surréaliste au cours de laquelle une vingtaine de squelettes émergent dans un cimetière et, armés de pelles, déterrent leurs congénères. Puis vient le combat de Ash
contre son double maléfique, réduit à l'état d'un sac d'os zombifié. Hélas, la qualité des effets visuels laisse souvent à désirer. Du coup, certains effets ne fonctionnent guère et ne
réussissent jamais à dépasser le mètre étalon Harryhausen qui, il faut bien l'avouer, avait placé la barre très haut. Fort heureusement, les maladresses de certains de ces trucages optiques sont
rattrapées par leur inventivité et leur grain de folie, notamment dans la séquence où Ash est attaqué par des clones miniatures de lui-même.
L'humour, devenu omniprésent, est ici plus ou moins efficace. Si le recyclage de la formule "Klaatu Verada Niktu", issue du "Jour où la Terre s'arrêta", fait
mouche auprès des cinéphiles, on ne peut pas en dire autant des grimaces d'Evil Ash, ou de l'épilogue ruinant par sa légèreté l'ampleur de l'aventure. Il faut dire aussi que ce 3ème "Evil dead" a
souffert de sa sortie tardive, suite à de stupides démêlés juridiques, arrivant ainsi après le "Robin des Bois" de Kevin
Reynolds (celui-ci s'étant indiscutablement inspiré de Sam Raimi pour filmer ses flèches) et "Les Visiteurs" de Poiré, dont il annonçait les thèmes et certaines situations.
Jo Lo Duca, fidèle à la saga "Evil dead" depuis le début, poursuit la veine symphonique amorcée avec l'opus 2. Il n'hésite pas ici à souligner les cavalcades
d'envolées très lyriques, chœurs à l'appui, et se laisse aller avec bonheur aux mélodies médiévales. Danny Elfman lui-même, auteur de la BO de "Darkman", signe un morceau, celui de la "marche des morts", qui évoque le thème du Pingouin de "Batman, le défi".
Couverture du Cinefantastique d'août 1992
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |