| titre original | "Austin Powers 2 : the spy who shagged me" |
| année de production | 1999 |
| réalisation | Jay Roach |
| scénario | Mike Myers |
| musique | George S. Clinton |
| interprétation | Mike Myers, Heather Graham, Rob Lowe |
| épisode précédent | "Austin Powers", Jay Roach, 1997 |
| épisode suivant | "Austin Powers dans Goldmember", Jay Roach, 2002 |
Review de
Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Une fois n'est pas coutume, "Austin Powers : l'espion qui m'a tirée" (amis de la subtilité, bonsoir !) est plus réussi encore que l'épisode précédent. Les petites pertes de
rythme et les quelques gags un peu mous du premier "Austin Powers" ont complètement disparu, et la folie semble avoir gagné les scénaristes, à la grande joie d'un public qui
en redemande. Ici, le docteur Denfer utilise une machine à remonter le temps pour se transporter en 1969 afin de dérober l'arme secrète d'Austin Powers, son "mojo" (autrement dit son fluide
sexuel). L'agent secret britannique s'empresse de rejoindre son ennemi de toujours dans les années 60 afin de l'affronter et de recouvrer son intégrité, avec l'aide de la délicieuse espionne
Felicity Shagwell. Denfer envisage pour sa part d'installer sur la Lune un canon gigantesque, auquel il aimerait donner le nom d'"Etoile Noire" ou d'"Alan Parson's Project"
!
"James Bond contre Dr No", "On ne vit que deux fois", "Cosmos 1999", "Moonraker",
"Au cœur du temps", "L'Empire contre-attaque", "Retour vers le futur", tout passe à la moulinette parodique de Mike
Myers et Jay Roach, qui s'érigent là en dignes successeurs du trio Zucker-Abrahams-Zucker. Plus que jamais, Myers effectue un véritable grand écart
humoristique entre le rire gras des frères Farrelly ("Mary à tout prix" et consorts) et le flegme britannique de Peter Sellers, qui adorait lui-même multiplier les
métamorphoses, comme le prouve notamment son triple personnage de Docteur Folamour. Ainsi, le comédien s'octroie-t-il ici trois rôles antithétiques : Austin Powers, bien sûr, le docteur Denfer,
toujours, mais aussi l'immonde Gras Double, un Ecossais obèse dont le maquillage étonnant (qui nécessitait pas moins de 7 heures de pose) est l'œuvre de rien moins que Stan Winston ("Jurassic Park").
Autres trouvailles du casting : choisir Rob Lowe pour interpréter Robert Wagner jeune, et demander au nain cascadeur Verne
Troyer de jouer une version miniature du docteur Denfer, le fameux Mini Me entré depuis dans la légende. Myers semble là se référer à "L'île du docteur Moreau" de John Frankenheimer, dans lequel Marlon
Brando conversait avec un confident miniature au cours de longues séquences involontairement drôles. Quant à la Austin Power's girl de cette séquelle, il ne s'agit plus d'Elizabeth Hurley, mise
au rencard en quelques minutes à l'occasion d'un prologue robotique expéditif, mais d'Heather Graham, qu'on avait connue bien moins extravertie dans la série
"Twin Peaks".
L'hommage aux 007 d'antan passe par la mise en scène de décors grandioses, notamment les deux repaires des méchants, l'un dans le cratère d'un volcan, l'autre à la surface de la Lune ! Le
compositeur George S. Clinton, de son côté, poursuit ses clins d'œil aux partitions flamboyantes de John Barry, reprenant
quasiment des passages entiers de la mythique bande originale d'"On ne vit que deux fois".
Face à l'immense succès de cette séquelle, qui remporta plus en un seul week-end que le film précédent au cours de sa carrière cinématographique complète, il était clair que la série n'allait pas
s'en tenir là...
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |