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| titre original | "Austin Powers : international man of mystery" |
| année de production | 1997 |
| réalisation | Jay Roach |
| scénario | Mike Myers |
| musique | George S. Clinton |
| interprétation | Mike Myers, Elisabeth Hurley, Robert Wagner |
| suites | • "Austin Powers - L'espion qui m'a tirée", Jay Roach, 1999 |
| • "Austin Powers dans Goldmember", Jay Roach, 2002 |
Clin d'oeil ou coïncidence ?
Le comédien qui double Austin Powers pour la VF est celui qui a doublé Pierce Brosnan dans tous les James Bond où il a joué.
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Depuis l'exceptionnel diptyque "Y a-t-il un pilote
dans l'avion ?" et "Top secret", Jim Abrahams, David et Jerry Zucker (les ZAZ) sont devenus la référence ultime en matière de parodies de films.
Mille fois imitées, jamais égalées, ces 2 perles ont engendré malgré elles une longue lignée de pastiches galvaudant peu à peu le genre. Il était temps que quelqu'un renouvelle l'exercice en
tentant une autre approche.
Le réalisateur Jay Roach et l'acteur/producteur/scénariste Mike Myers y sont parvenus haut la main, et si "Austin
Powers" est le succès que l'on sait, c'est parce que les deux hommes ont un profond respect pour les œuvres dont ils se moquent. Loin des sous-James Bond pitoyables à la "Agent zéro
zéro", "Johnny English" ou "Double zéro", "Austin Powers" décide de remonter à la source : les 007 des années 60, mais aussi les prestations variées d'incontournables comédiens
anglais des sixties tels que Peter Sellers, Alec Guiness ou Michael Caine.
Myers s'était déjà amusé à parodier James Bond dans plusieurs sketches du "Saturday Night Live". Ici, il crève l'écran dans le double rôle de l'agent
britannique Austin Powers, affublé de grosses lunettes, de dents gâtées, d'une chemise à jabot et d'une libido démesurée, et du Docteur Denfer, hilarant super-vilain à la voix nasillarde qui mixe
le costume de Dr. No et le faciès de Blofeld dans "On ne vit que deux fois". L'intrigue démarre en 1967, à Londres. Photographe de mode le jour et espion au
service de Sa Majesté la nuit, Powers déjoue un attentat fomenté par Denfer, qui se met en hibernation et s'échappe dans l'espace. Pour le retrouver, l'agent secret se fait à son tour
cryogéniser. Réveillés en 1997, tous deux reprennent leur pugilat, Denfer menaçant de faire exploser la planète entière...
La vraie réussite d'"Austin Powers" est de ne pas s'attacher aux détails de l'œuvre imitée (les gadgets, le smoking, les belles voitures), mais à l'esprit. Et de fait, par
moments, on jurerait avoir affaire à un film réellement tourné dans les sixties. La direction artistique est à ce titre exemplaire. Photographie, décors, costumes se mettent au diapason
de ce pastiche qui ne recule devant aucune exubérance. Sans parler de la musique de George S. Clinton, plus inspiré que jamais, qui rend ici un vibrant
hommage aux plus beaux morceaux de John Barry, Henry Mancini et Jerry Goldsmith, au
sein d'une bande originale flamboyante mi-jazzy mi-symphonique.
"Austin Powers" doit aussi beaucoup à "Casino Royale", qui parodiait déjà James Bond en 1967 et dont Roach et Myers empruntent des musiques
et des séquences entières (d'où la présence de Burt Bacharach et de son fameux tube "The look of love"). Sans compter
moult références à d'autres œuvres des années 60 et 70, telles que "Quatre garçons dans le vent" de Richard Lester, "La dixième
victime" d'Elio Petri, "Notre homme Flint" de Daniel Mann ou encore "La vallée des plaisirs" de Russ Meyer. La
finesse de l'hommage ne trouve pas son écho, en revanche, dans la plupart des gags du film, volontiers situés en-dessous de la ceinture, voire carrément scato. C'est là tout le paradoxe de Mike
Myers, et toute l'étendue de son registre comique.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |