Version nouvelle à la sauce Spielberg de "Tarantula"
| titre original | "Arachnophobia" |
| année de production | 1990 |
| réalisation | Frank Marshall |
| interprétation | Jeff Daniels, John Goodman |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Collaborateur de Steven Spielberg depuis "Les aventuriers de l'arche perdue", Frank Marshall s'est attaqué, pour
son premier long-métrage en tant que réalisateur, aux bébêtes velues à huit pattes. Le scénario d'"Arachnophobie" est l'œuvre de Dan Jakoby,
qui fut co-auteur d'"Alien" avec Dan O'Bannon.
En hommage manifeste au patrimoine spielbergien, le film démarre à la manière d'un "Indiana Jones", avec de splendides extérieurs vénézueliens, où l'archétype
de l'aventurier intrépide est l'entomologiste James Atherton, incarné par Julian Sands.
La petite expédition qu'il dirige comprend un photographe nommé Jerry Manley. Soudain piqué par une énorme tarentule, ce dernier meurt après de terribles convulsions. Le malheureux est rapatrié
aux Etats-Unis, dans la petite ville californienne de Canaima, sans que personne ne se rende compte que l'araignée tueuse s'est introduite dans le cercueil. Arrivée sur le sol américain, elle
copule allégrement avec une petite arachnide du coin, et donne naissance à une portée de redoutables bestioles meurtrières, intelligentes et organisées. Bientôt, plusieurs morts suspectes sont
déclarées dans le petit village de Canaima. Personne ne sait à quoi les attribuer, sauf le docteur Jennings, interprété par Jeff Daniels, qui a sa petite idée
sur le sujet et qui, comme par hasard, développe depuis toujours une véritable phobie pour les araignées.
Les séquences de jungle, mixant habilement décors réels et reconstitutions en studio, sont plutôt prometteuses. Hélas, dès que l'intrigue se transporte de la forêt vers la ville,
"Arachnophobie" se contente d'aligner les lieux communs du film catastrophe type. Le slogan du film citait "Les Oiseaux", "Les dents de la mer" et "Alien", et présentait "Arachnophobie" comme leur digne successeur. Il faut remettre les choses à leur place.
Hitchcock, Spielberg et Scott ont créé, détourné, recyclé et magnifié des mécanismes
d'épouvante que Frank Marshall se contente de réutiliser tels quels, comme tant d'autres l'ont fait, sans réelles tentatives d'innovations. Le spectateur voit
une araignée que les protagonistes ne voient pas : suspense. Les personnages et le public ne savent pas où sont les araignées : angoisse. Une araignée saute brusquement au visage de quelqu'un :
surprise. C'est propre, classique, mais pas vraiment transcendant.
Comme en outre les araignées choisies sont de mignons petits spécimens, il faut vraiment être arachnophobe au départ pour frissonner. Sans compter que le sujet a déjà été traité avec bien plus
d'efficacité par le passé. Comment oublier "L'horrible invasion" de John Bud Cardos, toujours inégalé à ce jour ? Reste l'humour, que
Frank Marshall distille généreusement tout au long du métrage, notamment à travers le personnage de l'excentrique exterminateur d'insectes incarné par
John Goodman, ou via quelques scènes savoureuses comme l'accouplement des araignées traité quasiment sous un jour romantique ! Mais ces petites touches ne
sont pas suffisamment assumées pour qu'"Arachnophobie" se démarque réellement des conventions.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |