| titre original | "Captain America" |
| année de production | 1991 |
| réalisation | Albert Pyun |
| interprétation | Matt Salinger, Ronny Cox, Ned Beatty, Michael Nouri |
| remake | "Captain America : first avenger", Joe Johnston, 2011 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Comme "Superman" et "Batman", "Captain America", créé par le scénariste Joe Simon et
le dessinateur Jack Kirby en 1940, eut droit à son adaptation sous forme de serial, en 1944. Il ne réapparut sur les écrans qu'en 1979, via 2
téléfilms médiocres produits dans la foulée de "L'homme araignée" et "L'incroyable Hulk". Cette nouvelle relecture, plus
moderne, était donc attendue avec un peu d'espoir. Le producteur Menahem Golan, qui possédait à l'époque une partie des droits de "Spider-man" mais ne parvint jamais à en tirer un film, confia les rênes de ce nouveau "Captain America" à Albert
Pyun ("L'épée sauvage", "Cyborg") et se mit en quête d'un acteur susceptible d'attirer les foules. Mais après les désistements successifs d'Arnold Schwarzenegger, Val Kilmer et Dolph Lundgren, c'est l'inconnu et bien peu charismatique
Matt Salinger qui se retrouve en tête d'affiche.
Le film démarre en 1936, dans l'Italie de Mussolini. Le calme d'une réunion familiale est
brusquement interrompu par l'intervention d'une faction armée qui massacre tout le monde à l'exception d'un jeune garçon, enlevé "pour son intelligence supérieure". Car dans la forteresse de
Lorenzo, les nazis pratiquent des expériences visant à créer des soldats invincibles à la force et à l'intelligence accrues. Le premier fruit de leurs expériences est un rat monstrueux et
écarlate qui s'agite furtivement dans une cage via un amusant effet spécial en animation image par image. Alors que l'enfant s'apprête à subir la même expérience pour se transformer en redoutable
Crâne Rouge, le docteur Vasali, qui participe au programme, s'enfuit et part proposer ses services aux Etats-Unis.
Sept ans plus tard, Washington s'apprête à son tour à créer un super-soldat et cherche un
volontaire. Atteint de polio, Steve Rogers, dont le père est mort au combat, se soumet aux tests et se transforme aussitôt en surhomme. Affublé d'un costume rouge et bleu assez ridicule (dessiné
par Jack Kirby, c'est très seyant, mais à l'écran, au secours !), il court empêcher Crâne Rouge d'envoyer un missile sur la Maison Blanche. Accroché à la
fusée, il se crashe en Alaska et ne se réveille que dans les années 90, découvert non pas par les Vengeurs, comme dans la BD, mais par une banale expédition polaire. Tel Hibernatus, notre
vaillant justicier découvre un monde qu'il ne connaît pas et s'apprête à reprendre son combat contre l'infâme Crâne Rouge.
La première erreur de ce "Captain America" est de s'emparer d'un concept
passablement dépassé sans chercher à le réadapter à son époque, ni à le transcender. Des répliques aussi improbables que "il n'est peut-être pas Superman, mais il sera le vivant symbole des
valeurs de la nation américaine" ponctuent ainsi le métrage. Le scénario piétinant lourdement pendant 90 interminables minutes, la mise en scène n'assurant même pas le service minimum (rarement
poursuites et batailles furent aussi mal filmées), la bande originale fleurant bon le synthétiseur et les comédiens n'exprimant rien (à l'exception peut-être de Scott Paulin assez convainquant sous un maquillage grimaçant créé par Greg Cannom), "Captain America" fut une
cruelle déception que les distributeurs américains n'osèrent même pas sortir sur leur propre territoire.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |