Remake de "Parfum de femme"
| titre original | "Scent of a woman" |
| année de production | 1992 |
| réalisation | Martin Brest |
| musique | Thomas Newman |
| interprétation | Al Pacino, Chris O'Donnell, James Rebhorn, Gabrielle Anwar, |
| Philip Seymour Hoffman | |
| récompense | Oscar du meilleur acteur pour Al Pacino |
| version précédente | "Parfum de femme", Dino Risi, 1974, Italie |
Review de Pierre
En 1992, Pacino n'avait toujours pas eu d'Oscar. On a donc dû réunir un staff pour essayer de changer ça. Mais comment faire ? D'abord, une caution artistique :
faire le remake d'un film italien ("Parfum de femme" de Dino Risi, 1974, avec Vittorio Gassman) ; atténuer
l'aspect italien en le mixant à un succès US ("Le
cercle des poètes disparus") ; faire du personnage de Pacino un rôle à performance, genre un infirme (un aveugle, par exemple) ; lui fourguer un
jeune sidekick, un jeune acteur qui monte (Chris O'Donnell) ; empaqueter le tout et boum, boum, boum.
Ce film est donc un festival Pacino, qui en rajoute des tonnes dans les "AH !" et les "HOO-WAH !", qu'il théorise ici pour la première fois, dans un rôle archétypal de mec bourru
qui va endosser une tenue de gentil mentor. Au final, tout mélo hyper hollywoodien que ce soit, faut bien reconnaitre que ça marche, ne serait-ce que grâce au show irrésistible de Pacino. Et on est même
assez sincèrement ému à quelques reprises. On a quand même des réserves sur une scène assez grotesque qui s'enfonce dans le pathos, aux 3/4 du film.
Au final, tout c'est bien passé, Pacino a eu son Oscar (le seul de sa carrière). Mais c'est amusant de voir ce film aujourd'hui, parce que la descendance de Pacino n'est pas du
tout chez Chris O'Donnell (dont on n'entend plus parler), mais chez un second rôle remarquable du film, Philip Seymour Hoffman (qui n'avait pas encore le
"Seymour" au générique, mais seulement le "S.") et qu'on ne peut pas ne pas remarquer (c'était l'un de ses premiers films, et je m'enorgueillis d'avoir noté sa présence dès ma première vision du
"Temps d'un week-end" - oui, j'en tire de l'orgueil, parfaitement).
NB : Josh (Bradley Whitford) de la série TV "A la maison blanche" ("The west wing") apparaît le temps d'une scène en neveu de Pacino.
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |