Catastrophique...
| titre original | "Armageddon" |
| année de production | 1998 |
| réalisation | Michael Bay |
| interprétation | Bruce Willis, Ben Affleck, Liv Tyler, Billy Bob Thornton, Steve Buscemi |
Review de Pierre
Tout se passait bien, au début des années 90. A Hollywood, c'était l'arrivée de Tarantino et consorts - qui redéfinissaient le film de genre - et en même temps l'avènement d'un cinéma de studio exigeant ("Heat", "Seven", "Nixon") qui assurait des films de haute tenue. Pour nous, ça se passait tranquillou, on
matait des films et tutti quanti. Bref, la routine.
Sauf
que... sauf que... en 1996, c'est l'invasion des aliens de "ID4" et leurs destructions de buildings tous azimuts qui arrivent, et qui vont cartonner
grave au box-office. Branle-le-bas de combat à Hollywood : les studios executive s'agitent comme des tarés et VEULENT du film
catastrophe dans tous les sens, même si ce sont tous les mêmes. Au final, déboulent deux ans plus tard sur les écrans (en 1998 donc) deux films au sujet identique, l'arrivée d'une météorite sur
la Terre (qui était déjà le sujet d'un film des années 70 - mauvais par ailleurs - "Meteor" avec Sean
Connery).
Le premier, c'est "Deep
impact", qui n'a pas
fonctionné auprès du public, parce que de l'autre côté d'Hollywood, Jerry Bruckheimer, le producteur fou ("Top Gun", "Bad boys", "USS Alabama"), avait concocté la mixture la plus bourine qu'on pouvait imaginer.
Cette mixture, elle s'appelle "Armageddon".
Bon, j'ai vu pas mal de films du haut de mes 30 et quelques années, mais je crois n'avoir jamais vu CA avant, ni l'avoir revu depuis : "Armageddon" est tout simplement le film le
plus bourrin et pompier que j'ai jamais vu.
Aux commandes : un autre fou, Michael
Bay et son sourire ultra-brite, qui part dans un délire de montage à la MTV-"Tueurs nés" comme jamais.
Impossible de détacher l'oeil : il y a constamment du mouvement, une explosion, un décollage de quelque chose à l'écran. Et sinon, on balance la purée avec l'immense tube FM total décomplexé
d'Aerosmith, "I don't wanna miss a thing".
Le casting, c'est de la star à tous les étages, à commencer par Bruce Willis lui-même, épaulé par Ben Affleck - alors star montante -, Liv Tyler, Steve Buscemi (sans doute la caution intello-frères Coen du truc), Billy Bob
Thornton, Owen Wilson (dans un petit rôle). Sans parler de ces autres trognes que vous connaissez
tous.
Notons que la mise en scène d'"Armageddon" vire rapidement au portenouak total, Bay ne se refusant strictement rien : ralentis grotesques sur Willis et Affleck enfilant leurs
tenues de cosmonautes, puis se dirigeant vers la navette, blagues hors de propos, histoire débile.
Notons également que les héros sont un groupe de foreurs (les meilleurs, attention) engagés pour forer l'astéroide afin d'y déposer une charge nucléaire, ce qui donne lieu aux
dialogues les plus graves rarement entendus : "Fore-moi cette pute, John ! Ok, Billy, je vais trouer cette salope !"... Eh, les mecs, vous craignez !!!
On déplore aussi l'aspect répétitif du scénario, qui se contente d'enchaîner les problèmes pour les héros (telle machine qui ne fonctionne plus, l'autre qui explose, un mec qui crève oups comme
ça, etc.). Au bout de 2h30, ça commence à faire beaucoup.
Mais au final, force est de constater que CA MARCHE, CETTE CONNERIE. C'est si... si... con et bien fait à la fois, que le cerveau abdique et qu'on finit par trouver ça pas mal. D'ailleurs,
j'étais crevé quand je l'ai revu récemment, prêt à m'endormir en 15 minutes, et je l'ai fini easy.
Donc, pour moi, "Deep
impact" est clairement un meilleur film (et est même un bon film), mais je dois reconnaître que l'autre a aussi des qualités indéniables.
Allez : égalité, tout le monde a gagné !
Pour ce qui est du film catastrophe à la con, il ne disparaitra pas après ce double assaut, les studios n'ont pas dit leur dernier mot là-dessus ("Fusion").
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |