Hommage à la SF des années 50
| titre original | "Mars attacks !" |
| année de production | 1996 |
| réalisation | Tim Burton |
| musique | Danny Elfman |
| production | Tim Burton |
| interprétation | Jack Nicholson, Glenn Close, Annette Bening, Pierce Brosnan, Danny DeVito, |
| Michael J. Fox, Pam Grier, Natalie Portman, Lukas Haas, Tom Jones, Jack Black, | |
| Lisa Marie, Sarah Jessica Parker |
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Pas si mal (review de Pierre)
Ne me demandez pas pourquoi j'ai décidé de revoir ça : j'en sais rien. C'est venu tout seul.
Bon, tout le monde s'en souvient, ça date de 1996 (sorti en France en février 1997) et c'est une claire baisse de régime et d'inspiration pour Tim Burton après "Ed Wood". Mais il y a de la star à foison : 2 fois Nicholson, Pierce Brosnan, Michael J. Fox, Glenn Close, Pam Grier, Danny DeVito, Annette Bening, Natalie Portman, Lukas Haas
(le môme de "Witness"), Tom Jones, Jack Black (en redneck), et d'autres encore !
Le pitch : des Martiens envahissent la Terre. C'est l'occasion de montrer quelques vignettes caustiques sur des gens tous pourris.
Ce film est un film d'adulte cynique. Tout le monde est méchant ou ridicule, et c'est un jeu de massacre franchement facile. A l'époque où j'ai découvert ce film, la seule chose que je supportais
au cinéma, c'était Chow-Yun-Fat au milieu des colombes ("The Killer", John Woo). Et donc, je n'ai pas supporté "Mars attacks !". Maintenant que je suis moi-même devenu un adulte
cynique et méchant, quelque part, je supporte mieux ce film et ça m'amuse un peu plus - même si je persiste à penser que le côté "tous pourris" est un peu chiant.
En revanche, ce qui est vraiment réussi dans le film, ce sont les Martiens. Là, Burton a clairement du talent (la scène avec sa compagne de l'époque,
Lisa Marie, est même très belle). C'est la partie du film qui ressemble à ce que pourrait faire Joe Dante, à mi-chemin
entre le poétique et le parodique. Et les effets spéciaux sont vraiment réussis. C'est un peu dommage que l'on ne puisse pas pleinement en profiter.
Donc, à l'échelle du Tim
Burton première manière, "Mars attacks !" ne tient pas la route. Dans l'absolu, ça se regarde avec amusement, à tout le moins sans ennui.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Contrairement à ses pairs hollywoodiens, qui ont souvent aimé faire du neuf avec du vieux en accumulant les remakes modernisés, Tim Burton tient généralement à préserver le look rétro de
ses films et à citer ses sources. "Mars attacks !", en l’occurrence, s’inspire de cartes illustrées datant de 1962 et décrivant une invasion extraterrestre gore et burlesque. Dès
le début du film, des milliers de soucoupes volantes venues de Mars encerclent la Terre. Quelle attitude adopter face à une telle situation ? C’est la question qui tourmente le président des
Etats-Unis. Le général Decker prône l’attaque armée et l’extermination, et le professeur Kessler le dialogue et la compréhension. Lorsque les Martiens révèlent leur vraie nature, c’est hélas le
premier qui semblait avoir raison.
Pour ce bubble gum movie, Burton est parvenu à réunir un casting de rêve, comme à l’époque des films catastrophe des années 70. En tête
d’affiche, Jack Nicholson est reconverti dans un double rôle de président affable et de businessman avisé. Ces deux interprétations conjointes évoquent la triple performance de Peter Sellers dans
"Docteur Folamour", une référence qui se confirme lors des grandes scènes de débats houleux dans la Salle de Guerre ornée d’une vaste carte du monde. La femme
du président a pris les traits de Glenn Close, et sa fille ceux de Natalie Portman. A proximité, en professeur pacifiste et optimiste, Pierce Brosnan nous offre une composition extraordinaire, à
mille lieues de James Bond. A leurs côtés, on trouve Michael J. Fox, Sarah Jessica Parker, Annette Bening, Danny de Vito, Martin Short, Pam Grier, Rod Steiger, Tom Jones, bref rien que du beau
monde.
D’un point de vue technique, Tim Burton a opté pour des effets spéciaux ultra-sophistiqués, sans évacuer pour autant le parfum de nostalgie qui lui est
cher. Du coup, les vaisseaux martiens sont les copies conformes de ceux des "Soucoupes volantes attaquent" animés par Ray Harryhausen quarante ans plus tôt.
Le robot géant qui pourchasse l’un des héros évoque aussi la SF des fifties, et lorsque les soucoupes s’échouent en mer, on croirait visionner le final des "Survivants de l’infini". Les
Martiens eux-mêmes sont extraordinairement expressifs, d’autant que c’était la première fois qu’un long-métrage mettait en scène autant de personnages humanoïdes en 3D. Visuellement,
"Mars attacks !" est donc une vraie réussite. Mais les débordements pyrotechniques et numériques finissent par nuire au film.
Les personnages n’étant finalement que des pions dans ce gigantesque jeu de massacre, le spectateur a toutes les peines du monde à leur accorder l’intérêt qu’ils sont supposés susciter. L’humour
noir de Burton et son
sens permanent de la dérision rattrapent souvent les carences de ce scénario-prétexte, mais l’auteur d’"Edward aux mains d’argent" semble avoir oublié en cours de route la naïveté et surtout la
sincérité qui le guidaient jusqu’alors. L'échec d'"Ed Wood", l'un de ses films les plus personnels et les plus touchants, est probablement à l'origine de ce fâcheux
changement de cap. Burton se contente ici de tout casser avec un cynisme qu'on ne lui connaissait pas. L'effet défoulant est garanti, certes, et en comparaison du navrant
"Independence day", de tels débordements anarchiques ne font pas de mal… mais on ne peut s'empêcher de préférer les films dans lesquels Burton aime ses personnages envers et contre tous.

Couverture du Cinefex de décembre 1996
Couverture du Cinefantastique de janvier 1997
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |