| titre original | "Star Wars episode I : the phantom menace" |
| année de production | 1999 |
| réalisation | George Lucas |
| scénario | George Lucas |
| musique | John Williams |
| production | George Lucas |
| interprétation | Liam Neeson, Ewan McGregor, Natalie Portman, Terence Stamp |
| épisodes suivants | • "L'attaque des clones", George Lucas, 2002 |
| • "La revanche des Sith", George Lucas, 2005 | |
| • "La guerre des étoiles", George Lucas, 1977 | |
| • "L'Empire contre-attaque", Irvin Kershner, 1980 | |
| • "Le retour du Jedi", Richard Marquand, 1983 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Seize ans après "Le
retour du Jedi", George Lucas s'est lancé dans une préquelle de sa saga interplanétaire, attendue comme
le messie par une myriade de fans surexcités. Hélas, la démarche du cinéaste semble ne pas avoir été menée à terme, comme si "La menace fantôme" n'était qu'une esquisse pas
encore aboutie. L'une des plus grosses maladresses du scénario est de nous plonger au cœur d'une situation politique complexe où tenants et aboutissants nous échappent, ce que résume fort bien le
fameux texte déroulant d'introduction qui, à la première lecture, est tout bonnement incompréhensible ! Du coup, les motivations des personnages et les enjeux mis en présence ne touchent les
spectateurs que partiellement. De plus, le film souffre d'une construction dramatique très déséquilibrée.
Après un prologue fort bien mené, ponctué d'idées visuelles brillantes comme ces deux faisceaux de sabres laser qui luisent dans la fumée pour évoquer la puissance des chevaliers Jedi, le rythme
se ralentit progressivement jusqu'à un gigantesque passage à vide qui fait décrocher plus d'un spectateur. Certes, Lucas nous offre une splendide course de bolides sur la planète Tatooine très
inspirée de "Ben-Hur", au cours de laquelle le jeune Anakin Skywalker lutte pour sa liberté. Mais la qualité de la mise en scène et des effets visuels ne
suffisent à nous captiver que superficiellement, car d'un point de vue strictement narratif, cette course est absurde. Pourquoi, malgré ses pouvoirs, le chevalier Qui-Gon Jinn laisse-t-il un
gamin de huit ans risquer ainsi sa vie alors qu'il pourrait en un claquement de doigts l'arracher à ses esclavagistes ? Fort heureusement, le dernier tiers du film rattrape ces carences. Le
souffle épique qu'il dégage, la chorégraphie des combats et la partition de John Williams nous rappellent d'un seul coup que nous sommes bien dans cette
"Guerre des étoiles" qui nous avait tant fait rêver. Il faut d'ailleurs avouer que si le charme opère enfin, c'est que nous sommes en terrain connu. En effet, le triple combat monté en action
parallèle dans cette dernière partie du récit calque sa construction sur le dénouement du "Retour du Jedi".
« Lorsque "La menace fantôme" entra en production, I.L.M. n'avait encore jamais pris en charge un film contenant 2 000 plans truqués »,
raconte Kevin Rafferty, superviseur des images de synthèse. « Pour y parvenir, nous avons partagé le travail en trois équipes, chacune dirigée par son propre
superviseur d'effets visuels : Dennis Muren, John Knoll et Scott Squires. »
(1) Effectivement, le foisonnement des effets numériques est parfois étourdissant à l'écran. Mais un sentiment mitigé demeure. Alors que le casting humain est plein d'intelligence,
Lucas n'a pas résisté à la tentation d'une profusion de créatures ridicules et inutiles, la pire de toutes étant sans conteste l'amphibien rasta Jar Jar Binks, qui multiplie les pitreries tout au
long du film pour assurer le rôle bien superflu de faire-valoir comique. Il en est de même pour les décors. On a beau s'extasier devant le magnifique palais princier tout droit sorti d'un album
de "Flash Gordon", on ne peut s'empêcher de rester perplexe face au siège des Maîtres Jedi, une espèce d'appartement new-yorkais perdu dans une forêt de
buildings à la "Blade
Runner". Ce 1er épisode présente au moins un mérite indiscutable : donner fortement envie au public de voir les 2 épisodes suivants,
lesquels poseront les inexorables jalons du noir destin d'Annakin Skywalker.
(1) propos recueillis par votre serviteur en décembre 2008
Review de Pierre
C'était en 1999. Rarement un film aura été aussi attendu que celui-là, et rarement un film aura autant déçu ses fans. C'est amusant, parce que ça a été, chez tous ceux qui attendaient ce film,
une suite de mauvaises nouvelles. Le titre, d'abord : tout le monde attendait un truc du style "Rise of the Empire" ou "Birth of Vader" ; à la place : c'est quoi cette "menace fantôme" ??
Ensuite, les premières bandes annonces : le délire d'images numériques... l'histoire qui semble se focaliser sur Vador enfant, là où tout le monde voulait le voir en armure... Malgré
l'appréhension, ça n'empêchera pas la planète entière d'être au rendez-vous.
Le pitch : Tout commence par un litige commercial... Une histoire de droits de douanes ou je ne sais quoi de ce style... Qui fait que deux chevaliers
Jedi, Qui-Gon Jinn et Obi-Wan Kenobi, vont devoir secourir une reine en danger...
C'est marrant de revoir ce film aujourd'hui. Je ne sais pas combien de fois je l'ai maté à l'époque, mais ça faisait plusieurs années que je ne l'avais
pas fait. Je l'ai revu d'une traite, sans une seule pause, en essayant de me faire un avis "à froid". Première remarque : cette "Menace fantôme" est censée être vue en premier, mais je mets au
défi quiconque qui n'aurait pas vu les épisodes 4, 5 et 6 d'y comprendre quoi que ce soit. On n'explique quasiment pas - ou très mal et tard dans le film - ce qu'est la force ou un chevalier
Jedi, ce qui est tout de même embêtant. Ca m'a convaincu du fait que, pour quelqu'un qui ne connait pas les films, il faut les voir dans l'ordre de leur sortie cinéma.
Ensuite, tout ce que l'on a pensé à la sortie est exact : l'humour envahissant et raté du personnage de Jar Jar est un vrai handicap pour le film -
surtout par rapport aux 5 autres. Le début du film - voire toute sa première moitié - est effectivement plutot raté au regard des attentes que l'on pouvait légitimement avoir. En revanche, la
deuxième heure du film est nettement meilleure - à mon sens, à partir du moment où Anakin quitte sa mère, le film prend une dimension plus sérieuse et intéressante.
La partie la plus importante du film est celle qui se déroule sur Coruscant, sur 24 heures : la séquence commence au petit matin et se termine la nuit.
La mise en scène commence à devenir vraiment bonne : l'évolution du ciel au fur et à mesure que les nouvelles "s'assombrissent", les jeux de regard dans la salle du conseil des Jedi, où tous les
épisodes suivants se nouent. Ainsi, dans les dernières séquences du conseil des Jedi, Obi-Wan regarde Qui-Gon en étant jaloux de l'attention qu'il prête à Anakin, Anakin regarde Mace Windu avec
colère parce qu'il ne veut pas l'accepter comme futur Jedi, Mace Windu et Yoda se regardent d'un air inquiet sur le mode "tout ça, ça pue du c...". Pas mal. Et tout ça se termine par une grosse
séquence d'action en montage alterné : les gungans contre les robots, les vaiseaux de la reine contre les croiseurs de la fédération, Qui-Gon et Obi-Wan contre Darth Maul au sabre laser (très
beau combat). Pas de doute : cette deuxième heure est vraiment bonne.
Au final : "La menace fantôme" est un paradoxe. C'est un film à la fois démago et ambitieux. Démago à cause de son humour de m... (Jar Jar, les créatures
débiles, le commentateur de la podrace). Ambitieux parce qu'à bien y réfléchir, Lucas aurait pu sortir le film que les fans voulaient voir (Vador en armure chassant des chevaliers Jedi partout
dans la galaxie). Ca lui aurait été même plutôt facile. Il a préféré donner (ou tenter de donner) de la densité et de la cohérence à son histoire. Les épisodes suivants lui donneront
raison.
Couverture du Rolling Stone du 24 juin 1999 : référence à la couverture du 25 août 1977
Couverture du Cinefantastique d'avril 1999
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |