| titre original | "Batman forever" |
| année de production | 1995 |
| réalisation | Joel Schumacher |
| musique | Elliot Goldenthal |
| production | Tim Burton |
| interprétation | Val Kilmer, Chris O'Donnell, Nicole Kidman, |
| Tommy Lee Jones, Jim Carrey | |
| épisodes précédents | • "Batman", Tim Burton, 1989 |
| • "Batman, le défi", Tim Burton, 1992 | |
| épisodes suivants | • "Batman & Robin", Joel Schumacher, 1997 |
| • "Batman begins", Christopher Nolan, 2005 | |
| • "The dark knight : le chevalier noir", Christopher Nolan, 2008 |
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Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Un peu trop sombre au goût des dirigeants de Warner, "Batman, le défi" s'éloignait de la vision « familiale » que le studio souhaitait
donner du super-héros imaginé par Bob Kane. Peu attiré par la tournure colorée et bon enfant que s'apprêtait à prendre le 3ème épisode de la saga,
Tim Burton se retira
donc du projet, occupant simplement un rôle de producteur, et céda la place à Joel Schumacher. Ce désistement entraîna celui de Michael Keaton, et dans la foulée
de Rene Russo, la compagne de Mel Gibson dans "L'arme fatale 3" qui devait, à l'origine, jouer la petite amie de Bruce Wayne. S'estimant
trop âgée pour partager la vedette avec le nouveau Batman (Val Kilmer), elle laissa son rôle vacant à une jeune Nicole Kidman pas encore
starifiée.
D'autres postes clefs se modifièrent en cours de route. Billy Dee Williams, interprète du district attorney Harvey Dent dans le précédent "Batman", fut
remplacé par Tommy Lee Jones, et le compositeur Danny Elfman laissa Elliot Goldenthal signer la partition de ce 3ème opus. Une fois
ce jeu des chaises musicales terminé, "Batman forever" put enfin prendre forme... au grand désespoir des fans de l'homme-chauve-souris, pas vraiment préparés à un tel massacre !
Car si Joel Schumacher avait su doter certains de ses films précédents d'une vraie personnalité
et d'un style séduisant ("Génération
perdue", "L'expérience interdite", "Chute libre"), il livre ici
l'une de ses œuvres les plus grossières et les plus indigestes.
La direction artistique de "Batman forever" atteint en effet des sommets de mauvais goût (on n'est pas prêts d'oublier la combinaison disco lumineuse du Riddler ou la cuirasse
ornée de tétons de Batman !), les acteurs sont en totale roue libre (Kilmer et Kidman sont aussi transparents qu'une bouteille d'Evian, Tommy Lee Jones et Jim Carey cabotinent jusqu'à
l'épuisement) et le scénario évacue tout enjeu dramatique digne de ce nom. Même si elle se centre enfin sur le personnage de Bruce Wayne/Batman, ce qui n'était pas vraiment le cas du diptyque
signé Tim Burton, l'intrigue ne vise ici qu'à collectionner les morceaux de bravoure attendus par le public : les origines du Riddler (Sphinx en VF) et de Robin, une démonstration ostentatoire
des véhicules-gadgets du héros (Batmobile, Batboat, Batwing), les aventures amoureuses de Bruce Wayne, la lutte côte à côte de Batman et Robin, l'explosion finale du repaire des méchants façon
James Bond... Le montage nerveux (à la limite du lisible pendant les scènes d'action), les
déflagrations en série et la bande son surchargée endorment peut-être les sens des spectateurs, mais ne remplissent pas les lacunes du scénario. Quelques éléments intéressants surnagent
timidement, comme la mort des parents de Robin ou la présence de l'hôpital Arkham, sans hélas s'imbriquer correctement dans cet imbroglio d'invraisemblances.
Au détour d'un dialogue de Kilmer et Chris O'Donnell, une allusion à la ville de Metropolis laissait à l'époque imaginer un crossover entre Batman et Superman. Mais à ce jour, cette
rencontre légendaire (tout à fait envisageable dans la mesure où les 2 personnages sont chez le même studio, le bien nommé Warner) n'a jamais dépassé le stade de fantasme de fan.

Couverture de L'écran fantastique été 1995
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |