L'un des 3 films de l'histoire du cinéma à avoir raflé les 5 Oscars dits "majeurs"
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| titre original | "The silence of the lambs" |
| année de production | 1990 |
| réalisation | Jonathan Demme |
| scénario | Ted Tally, d'après le roman éponyme de Thomas Harris |
| musique | Howard Shore |
| interprétation | Jodie Foster, Anthony Hopkins, Scott Glenn, Roger Corman |
| récompenses | • Oscar du meilleur film |
| • Oscar du meilleur réalisateur | |
| • Oscar du meilleur acteur pour Anthony Hopkins | |
| • Oscar de la meilleure actrice pour Jodie Foster | |
| • Oscar du meilleur scénario adapté | |
| • Ours d'argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin 1991 | |
| • Prix Edgar Allan Poe pour Ted Tally |

Photographie de Sarah Dunn pour les 20 ans du magazine Empire
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Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Un terrifiant thriller, mené tambour battant et croisant les portraits de deux psychopathes criminels que leurs obsessions mettent en marge de la société.
Efficacité de la mise en scène (le docteur Lecter dans sa cage) et remarquable interprétation dominée par Anthony Hopkins.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Le romancier Thomas Harris avait inspiré le magistral "Sixième
sens" de Michael Mann, qui révolutionnait
quelque peu le thriller horrifique malgré un échec cuisant au box-office. Prenant la relève, Jonathan Demme transpose sur grand écran un
2ème roman de l'écrivain, reposant sur les mêmes thématiques, adoptant une structure voisine et donnant à nouveau un rôle clef à Hannibal Lecter, tueur psychopathe et anthropophage enfermé à vie
dans une cellule ultra-sécurisée. Interprété cette fois-ci par Anthony Hopkins, habitué au répertoire classique et aux tragédies shakespeariennes, « Hannibal le Cannibale » crève
l'écran, et l'immense succès du "Silence des agneaux" lui doit beaucoup.
Face à lui, suite au désistement de Michelle Pfeiffer un peu effrayée par la noirceur du scénario, Jodie Foster incarne Clarice Starling, une
jeune stagiaire du F.B.I. chargée par son supérieur Jack Crawford (l'impérial Scott Glenn) d'enquêter sur les abominables méfaits d'un tueur en série surnommé
Buffalo Bill. La particularité de ce dernier, interprété par Ted Levine, est de s'en prendre aux jeunes filles bien en chair et de les écorcher vives. Pour
retrouver sa trace, Clarice va devoir solliciter l'aide de Lecter et son passé de brillant psychiatre. Le redoutable cannibale accepte, à condition que chaque indice de sa part soit échangé
contre des révélations sur la vie privée de Clarice. Bien décidée à faire ses preuves, celle-ci se prête au jeu, et ses confrontations régulières avec le machiavélique captif vont prendre la
tournure d'un éprouvant parcours initiatique, la conduisant progressivement dans les tréfonds de l'horreur.
"Le silence des agneaux" - un titre étrange qui prend tout son sens vers le milieu du film - peut être considéré comme un thriller ou un film policier, dont il possède maintes
caractéristiques, mais il s'agit surtout d'un film d'épouvante qui recule assez loin les limites de la peur. Il y est question de tueurs psychopathes, de cannibalisme, mais à la différence des
psycho killers fabriqués à la chaîne ou des séries Z gore italiennes, la mise en scène de Jonathan Demme joue sur la suggestion. Les
détails macabres sont rares et furtifs, laissant au spectateur le soin d'imaginer les éléments les plus atroces, même si de temps à autres des visions choc viennent surgir à l'écran. On se
souviendra notamment du cadavre bien amoché d'une des victimes de Buffalo Bill, du policier éventré dans la position d'un papillon de nuit ou encore du masque de chair, une idée reprise à
"Massacre à la tronçonneuse 2".
Si la scène de suspense du climax, d'une redoutable efficacité, repose sur des mécanismes connus, les confrontations entre Jodie Foster et Anthony Hopkins,
en revanche, doivent leur pesant d'angoisse au jeu diablement convaincant des acteurs et à Jonathan Demme qui choisit souvent des cadrages très serrés, à la limite de la profondeur de champ. Issu
de la série B et de l'école Roger Corman - à qui il confie d'ailleurs un petit rôle dans le film -, Demme montre ici toute l'étendue de son talent, portant aux nues les techniques expérimentées sur des polars noirs tels que "Dangereuse sous tous rapports" ou "Meurtres en cascade".
Couverture du Cinefantastique de février 1992
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |