How would you know if someone stole your mind ?
| titre original | "Total recall" |
| année de production | 1990 |
| réalisation | Paul Verhoeven |
| scénario | Dan O'Bannon, d'après la nouvelle "Souvenirs à vendre" de Philip K. Dick |
| musique | Jerry Goldsmith |
| interprétation | Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox |
| récompense | Oscar des meilleurs effets visuels |
| remake | "Total recall : mémoires programmées" ("Total recall"), Len Wiseman, 2012 |

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Review de Pierre
Légère déception à la revoyure du 2ème opus de la trilogie SF de Verhoeven (après "RoboCop" et
avant "Starship troopers"). Tout le monde connait, donc je ne donne pas les détails usuels.
Mais je tiens à attirer l'attention sur les effets spéciaux particulièrement merdiques du
film.D'autant que le scénario est bourré d'ellipses et d'incohérences, qu'on tente de masquer
par un rythme frénétique et des poursuites dans un gros studio bourré de décors SF en carton pâte.
Heureusement que les méchants (Michael Ironside,
Ronny Cox et Sharon Stone) rattrapent le truc. Ce sont eux qui font le show.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Heureux de sa collaboration avec David Cronenberg sur "Dune" et "Dead zone", le producteur Dino de Laurentiis proposa au réalisateur canadien l’adaptation de la nouvelle
"Souvenirs à vendre" de Philip K. Dick. Rebaptisé "Total Recall", le scénario fut co-écrit par Cronenberg et Ronald Shusset, mais au bout d’une quinzaine de versions, il devint évident que les
deux hommes ne parviendraient pas à accorder leurs violons. Cronenberg s’en alla donc réaliser "La Mouche" pour Mel Brooks, De Laurentiis fit faillite, et Carolco récupéra le projet à l’initiative
d’Arnold
Schwarzenegger, heureux d’en tenir la vedette.
Quant à la mise en scène, elle fut confiée à Paul Verhoeven, déclaré « homme de la situation » après son excellent travail sur "RoboCop".
"Total Recall" se déroule en 2048. Hanté par un cauchemar qui l'entraîne chaque nuit sur Mars, l’ouvrier Doug Quaid (Schwarzy) s'adresse à un laboratoire, Recall, qui lui offre de matérialiser son
rêve grâce à un puissant hallucinogène. Mais l'expérience dérape : la drogue réveille en lui le souvenir d'un séjour bien réel sur Mars, à l'époque où il était l'agent le plus redouté du cruel
Vilos Coohagen (Ronny Cox). Afin de dissiper ses souvenirs confus et de faire la part du réel et du fantasmé, Quaid décide de repartir sur Mars... Deuxième adaptation marquante d’un récit de
Philip K. Dick, après le "Blade
Runner" de Ridley Scott, "Total Recall" marque une nouvelle étape importante dans la science-fiction cinématographique, et ce, à
plus d’un titre.
D’un point de vue strictement visuel, il convient de saluer la performance conjointe de tous les départements d’effets spéciaux mis à contribution. Ainsi
les maquillages de Rob Bottin repoussent-ils les limites de l’animatronique (le robot chauffeur
de taxi, le mutant Kuato greffé sur un estomac humain) et les maquettes se combinent-elles aux images réelles grâce à de révolutionnaires prises de vues pilotées par ordinateur (voir notamment la
scène du métro martien). « J’ai également utilisé des images de synthèse, ce qui n’était pas fréquent à l’époque », ajoute fièrement Paul Verhoeven. « C’était dans la scène où Arnold
Schwarzenegger passe devant un détecteur de métaux et que son squelette apparaît en 3D. » (1) Mais sans les cheminements labyrinthiques du scénario, finalement co-rédigé par Shusset, Dan O’Bannon
et Gary Goldman, les effets spéciaux ne seraient que d’amusantes attractions.
Or c’est la force du récit qui mua presque "Total Recall" en classique du genre. Le thème du double, du souvenir faussé et de
l’équilibre sans cesse menacé entre une réalité onirique et un rêve très réaliste s’entremêlent de manière vertigineuse. Et l’éclair de génie le plus magistral est bien de ne proposer aucune
solution définitive au spectateur et de le laisser conclure lui-même en fonction de ce qu’il croit être la réalité, à partir des éléments soigneusement disséminés au cours de la narration. Sans
doute une direction artistique plus raffinée et un comédien plus subtil que Schwarzenegger (comme Richard Dreyfuss ou William Hurt, envisagés à l’origine par Verhoeven) auraient-ils renforcé le réalisme du film. Mais l’impact
de "Total Recall" n’en souffre pas outre mesure, et une série TV à succès y fera suite quatre ans plus tard.
(1) propos recueillis par votre serviteur en décembre 1997
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Paul Verhoeven
analyse magistralement, à travers l'espace-temps, la volonté de domination de l'homme par l'homme, arrivé au plus haut point de sa maîtrise des sciences.
Arnold
Schwarzenegger campe admirablement l'homme éternel, riche de sa culture et de son affectivité, fort de son contrôle de l'univers et de lui-même, mais resté vulnérable par
les sentiments d'amour et d'amitié qui en feront à jamais la grandeur.
Sharon
Stone, envoyée guerrière de la planète Mars, déploie inexorablement sa beauté et la puissance de son génie dramatique. Armée de l'épée des dieux, seule une défaillance
humaine, au détriment de sa mission, fera trembler son bras et causera sa perte.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |