titre original "The Matrix"
année de production 1999
réalisation Andy et Larry Wachowski
interprétation Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving
   
récompenses  Oscar du meilleur son
  Oscar du meilleur montage
  Oscar du meilleur montage sonore
  Oscar des meilleurs effets visuels
   
suites "Matrix reloaded", Andy et Larry Wachowski, 2003
  "Matrix revolutions", Andy et Larry Wachowski, 2003


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Laurence Fishburne - Matrix 1Laurence Fishburne - Matrix 2
Photographies de Sarah Dunn pour les 20 ans du magazine Empire


Presque dix ans après, c'est toujours aussi bien ! (review de Pierre)

J'ai récemment eu la chance de découvrir un des meilleurs livres sur le cinéma que j'ai lus, à savoir "Les films de science-fiction" par Michael Chion, un vieil érudit, qui donne un point de vue simple et innovant sur plein de films qu'on aime. Le mec est vieux, mais c'est la première fois que je lis que l'âge d'or de la SF au cinéma n'est pas les années 50, mais les années 70/80. Bref, vous l'avez compris, ça m'a donné envie de réexplorer le genre. Je n'avais pas revu le premier épisode de trilogie "Matrix" depuis des années.

Le pitch : Bon ben là, démerdez-vous. Déjà que c'est difficile à pitcher ; de toute façon, tout le monde l'a vu. Allez, hop, je passe.

Ca n'étonnera personne : j'ai trouvé ça dément. Je craignais que le film soit ringard aujourd'hui, à cause des suites, qui donne un nouveau regard sur l'ensemble, à cause des multiples pillages, à cause des années... Franchement ? Désolé, mais non, c'est toujours aussi bien. C'est la densité du film qui m'a frappé : toutes les scènes ou presque sont mémorables. Et d'ailleurs, tout le monde se rappelle de tout : la première scène où Trinity dégomme tout le monde, le réveil de Neo dans le monde réel, son combat de ouf avec Fishburne dans le dojo ("Morpheus is fighting Neo"), la scène de gunfight wooesque dans le hall de l'immeuble, la diction de l'agent Smith (franchement un super personnage), le look verdâtre de la matrice. Pour moi, ça n'a pas pris une ride.

Le seul truc qui met peu mal à l'aise, c'est quand on pense à Columbine. A l'époque, le film avait choqué certains parce que Neo et Trinity n'hésitent pas à buter des innocents pour faire aboutir leur cause (dans le film, cela s'explique parce que chaque humain est potentiellement un agent). A revoir la scène de gunfight aujourd'hui, on est obligé de voir que les jeunes abrutis de Columbine ont sans doute vu et aimé "Matrix". Cela étant, si ça peut mettre mal à l'aise, il est évidemment impossible d'imputer ça au film.

Cette digression mise à part et pour revenir à mon intro, c'est quand même une date dans l'histoire de la SF au cinéma. Peut-être pas LA date, mais, comme "Blade runner" en son temps, c'est un jalon important. Dans le genre, y a-t-il eu un autre film aussi marquant depuis ?



Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Le film vaut surtout pour ses effets spéciaux et ses combats, mais le scénario paraît bien naïf et souvent répétitif.

Le succès du film n'en a pas moins été considérable : 1 778 279 entrées pour la première semaine en France.


Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

Férus de comic books, de jeux vidéo et de culture cyberpunk, et forts du succès de leur premier film "Bound", Andy et Larry Wachowski se sont lancés dans une trilogie de SF ambitieuse dont "Matrix" constitue le premier volet.

Son héros, Thomas Anderson (Keanu Reeves), occupe son temps libre en jouant aux pirates informatiques, sous le surnom de « Neo ». Un jour, contacté par l'énigmatique Morpheus (Laurence Fishburne), il découvre que le monde dans lequel il vit n'est qu'une façade...

La révolution apparente que représentait "Matrix" au moment de sa sortie, entretenue par son phénoménal succès, n'est en réalité qu'illusoire, à l'image de la Matrice dans laquelle s'ébattent ses héros.
Car le concept initial, beaucoup plus sommaire qu'il n'en a l'air, emprunte toutes ses idées ailleurs et se contente de les recycler. On pourrait le résumer en une phrase : les machines se sont révoltées contre les humains (comme dans "Terminator") et les ont entretenus dans un monde virtuel en leur inventant des identités (comme dans "Dark City"), jusqu'à ce qu'un groupe de résistants ne se mette en quête de l'Elu pour renverser ce régime tyrannique (comme dans "Dune")...

Certes, la recomposition de motifs thématiques préexistants est inhérente à tout processus créatif, et nous a offert quelques chefs d'œuvre de la science-fiction sur grand écran, la trilogie "Star Wars" en étant un exemple frappant. Mais ici, les influences semblent juxtaposées plutôt que réappropriées, et l'intérêt du film s'en ressent.

Pourtant, "Matrix" collecte les idées visuelles surprenantes, comme cette image vertigineuse de milliers d'humains retournés à l'état fœtal et reliés à une monstrueuse machine par un cordon ombilical artificiel. Mais l'intrigue du film souffre de son extrême linéarité, que les auteurs s'efforcent de briser par une narration complexe. Résultat : le récit devient accidenté et chaotique. Pour s'assurer que le public ne perd pas le fil, le scénario attribue au personnage de Morpheus des pavés de dialogues censés nous expliquer le mode d'emploi de ce monde virtuel. Le tempo du film se ralentit donc dangereusement en de nombreux moments, et les séquences d'action spectaculaires servent plus à rattraper les pertes de rythme qu'à faire avancer le récit.

Celles-ci, avouons-le, sont extrêmement efficaces, puisant leur inspiration dans le cinéma de Hong-Kong (Bruce Lee, Jackie Chan et John Woo en tête) et dans le jeu vidéo. Servies par des effets spéciaux étourdissants et un découpage virtuose, ces séquences de combat vertigineuses ont marqué une date historique dans le cinéma d'action, instaurant une nouvelle référence. C'est là que réside la révolution de "Matrix", et là seulement. Du coup, le combat en apesanteur de Carrie-Anne Moss dans la scène d'intro (qui reprend une grande partie du découpage de l'ouverture de "Sueurs froides"), le ralenti qui accompagne Neo pendant qu'il évite les balles tirées par l'agent Smith, la bataille dans le métro ou l'assaut dans le hall de la police resteront dans toutes les mémoires.

Pour le reste, on préfèrera les facéties visuelles et narratives de "Bound", mille fois moins tape à l'œil et mille fois plus audacieux.

Matrix - Cinefex d'octobre 1999
Couverture du Cinefex d'octobre 1999

Matrix - photo 1
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Matrix - photo 4

 

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