Paresse. Orgueil. Gourmandise. Luxure. Avarice. Colère. Envie.
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| titre original | "Se7en" |
| année de production | 1995 |
| réalisation | David Fincher |
| photographie | Darius Khondji |
| musique | Howard Shore |
| interprétation | Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Richard Roundtree, Kevin Spacey |
| récompense | Prix au festival international du film de Porto 1996 |
Review de
Pierre
J'ai décidé de revoir 5 minutes de "Seven" samedi soir avant de m'endormir... et je l'ai vu en entier jusqu'à 6 heures du mat'. Je sais bien que c'est une banalité mais... QUELLE
BALLE ABSOLUE !!!!!!!!!!
Comme "L'Exorciste", j'ai bien peur que "Seven" n'engendre rien et reste un météore, jamais fait avant, jamais refait depuis (la comparaison avec "L'Exorciste"
n'est pas fortuite, parce que tout de même, Fincher doit beaucoup à Friedkin).
Mes phrases préférées du moment :
- "My badge says detective, it's the same as yours" ;
- "Is that what you're doing ? God good's work ? / the lord works in mysterious ways" ;
- "Detectiiiiiiiive ...you're looking for me".
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Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Eblouissant thriller : mise en scène brillante et scénario démoniaque, interprétation excellente et suspense garanti.
Les 20 dernières minutes tiennent le spectateur en haleine comme aucun film ne l'avait fait jusqu'alors.

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
"Alien3" avait été une expérience douloureuse pour David Fincher, et
malgré les indéniables qualités du film, le jeune cinéaste en était ressorti éreinté. Mais son talent, son sens graphique, sa minutie et son originalité y étaient déjà parfaitement décelables. En
acceptant de diriger "Se7en", après le désistement de David Cronenberg, il entra pour de bon dans la cour des grands, redéfinissant les codes du film de serial killer en
s'appuyant sur l'excellent scénario d'Andrew Kevin Walker.
Pourtant, de prime abord, "Seven" fleure bon le déjà-vu. Le vieux flic noir à une semaine de la retraite et le jeune flic blanc un peu turbulent, obligés de faire équipe pour
coincer un tueur, semblent vouloir reproduire le motif de "L'arme fatale". Mais ce n'est qu'un leurre. En réalité, "Seven" ne ressemble à rien de connu et aucun des
spectateurs l'ayant visionné n'en est resté indemne. Car au-delà d'un film, nous avons affaire
à une véritable expérience sensorielle et intellectuelle. Pas à pas, nous suivons l'enquête de William Sommerset (Morgan Freeman) et David Mills (Brad Pitt), lancés sur les traces de l'un des assassins les plus cruels et les plus
abominables de l'histoire de la police.
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A ceci près que cet homme, qui se fait appeler John Doe, ne tue jamais ses victimes lui-même, laissant la
Faucheuse faire son travail via de monstrueux stratagèmes. On le voit, les auteurs de "Saw" ont de qui tenir. S'inspirant des sept péchés capitaux, il s'érige ainsi en juge et en bourreau,
punissant ceux qui ont péché en retournant contre eux leurs propres travers. Le gourmand meurt d'indigestion, le paresseux de malnutrition, l'avare d'horribles mutilations, le tout à travers des
mises en scènes toutes plus macabres les unes que les autres.
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Malgré l'apport du génial maquilleur Rob Bottin ("The Thing", "Legend"), les
effets spéciaux participent moins au potentiel horrifique du film que l'imagination du spectateur. Car nous n'assistons jamais aux mises à mort, la vue fugitive des cadavres suffisant à imaginer
le pire. Là réside toute la force de "Seven". Pour renforcer davantage le climat oppressant, Fincher filme ses protagonistes sous une pluie permanente, noyant sa cité (clone
apparent de Los Angeles) dans une humidité et une moisissure quasi-palpables.
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Seul le climax se déroule en plein soleil, au croisement de deux routes de campagne, suivant la voie tracée
par la fameuse scène de l'avion de "La mort aux trousses".
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« Le tournage de "Seven" était pour moi beaucoup plus agréable que celui d'"Alien3" », se souvient Fincher. « C'est là que j'ai fait la connaissance de Brad Pitt et que j'ai appris à l'apprécier. J'ai aimé sa capacité à incarner un être complexe,
sympathique et charmant d'un côté, mais aussi dangereux et colérique. » (1) Pitt ne
tarit pas non plus d'éloge sur son réalisateur : « Vous voulez travailler avec les conteurs que vous respectez le plus. Fincher en fait partie. C'est l'un des meilleurs que nous ayons. Je me sens
très chanceux chaque fois qu'il m'emmène avec lui. » (2)
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Le reste du casting ne démérite guère. Morgan Freeman excelle en vieux policier blasé, Gwyneth Paltrow est parfaite en jeune épouse
évaporée.
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Quant à Kevin Spacey, il tient là l'un de ses rôles les plus marquants, offrant aux
spectateurs qui s'attendaient à un monstre le visage ordinaire (et parfaitement chauve) d'un homme calme, calculateur et effroyablement intelligent. « J'ai eu beaucoup de mal à accepter de me
raser la tête », nous avoue-t-il. « Je faisais la grimace dans la salle de maquillage, alors David Fincher a trouvé une méthode imparable pour me convaincre. Il m'a dit : « si tu te rases, je me
rase aussi ». Et c'est ce qu'il a fait ! » (3)
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(1) et (2) propos recueillis par votre serviteur en janvier 2009
(3) propos recueillis par votre serviteur en juillet 2006

Commentaire du chef-opérateur Darius Khondji
(source : entretien réalisé par Didier Verdurand en 2007
pour le site ecranlarge.com)
J'ai rencontré David Fincher sur une pub pour Nike tournée en France. Le tournage a été très lourd et compliqué,
mais nous nous sommes bien entendus sans que j'imagine un instant qu'il m'appelle pour me proposer "Seven". J'ai immédiatement accepté malgré la peur des barrages de syndicats
américains. J'avais connu cette mésaventure avec "Kalifornia" que je devais éclairer et n'avais pas pu parce que je n'avais pas d'agent américain, je ne faisais pas partie
d'un syndicat, etc. Là, David Fincher a tenu bon face au studio et a réussi à me faire engager malgré les difficultés que cela imposait. Je n'ai pas revu "Seven" depuis des
années. Ce fut un plaisir et une douleur incroyables de le faire. C'est un film très difficile à sortir de soi, surtout pour David qui souffrait énormément à l'époque à cause de problèmes
personnels.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |