Un seul homme pouvait défier son Roi.

titre original "Braveheart"
année de production 1995
réalisation Mel Gibson
photographie John Toll
musique James Horner
interprétation Mel Gibson, Sophie Marceau, Ian Bannen, Patrick McGoohan, Brian Cox,
  Brendan Gleeson
   
récompenses • Oscar du meilleur film
  Oscar du meilleur réalisateur
  Oscar de la meilleure photographie
  Oscar du meilleur montage sonore
  Oscar du meilleur maquillage


Review de Pierre

Le 4 octobre 1995, c'est le jour du fameux arrêté portant création d'une commission consultative des recherches archéologiques à l'étranger. Le même jour, sortaient sur les écrans français "Casper", "Land and freedom", "La folie du roi George"... et "Braveheart", 2ème film réalisé par Mel Gibson (après le très mauvais "Homme sans visage"). C'était la grande époque du laserdisc, c'est dans ce format que j'ai découvert le film, un soir de décembre 1995 en mangeant des restes d'huîtres du diner de Noël.

Le pitch : au 13ème siècle, William Wallace (Mel) mène la révolte des Ecossais contre l'oppresseur anglais.

Braveheart - photo 1

C'est entendu : Mel Gibson, l'homme, est une grosse m... Mais le problème, c'est que Mel Gibson, le réal, a du talent. Longtemps, j'ai pensé qu'il n'avait pas pu réaliser "Braveheart" et qu'il l'avait seulement "signé". Depuis, "Apocalypto" m'a fait changer d'avis. Il faut se rendre à l'évidence : Gibson est vraiment un bon réalisateur. "Braveheart" est mis en scène sans génie, mais avec une efficacité REDOUTABLE, et sans aucune faute de goût. Tous les acteurs sont bons, les images sont superbes, la synchronisation entre les images et la musique est d'une précision remarquable, les scènes de bataille sont hyper convaincantes.

J'ajouterai : total respect pour le mec qui réalise une grande fresque qui fait rêver, avec des châteaux forts, des chevaux, des figurants, des épées énormes et du sang qui gicle.

Et il y a un flair dans le casting : Patrick McGoohan dans le rôle du méchant roi anglais est extraordinaire - je ne sais pas où Gibson a trouvé l'idée d'aller le déterrer.

Braveheart - Patrick McGoohan

De même, Ian Bannen ("La colline des hommes perdus") dans le rôle du lépreux est excellent ; on reconnaît aussi Brian Cox et Brendan Gleeson (avant qu'il ne devienne célèbre grâce au "Général" de Boorman).

Braveheart - Brian Cox
Braveheart - Brendan Gleeson

On retrouve les thèmes de Gibson dans "Braveheart", et notamment le parcours "christique" de William Wallace. Ca devient plus gênant lorsque le film aborde l'homosexualité du dauphin du roi anglais ; de ce point de vue, le film est même carrément scandaleux (les homosexuels y sont caricaturaux et tournés en dérision avec une épouvantable cruauté complètement beauf).

MAIS : il y a une ou deux scènes dans le film qui sont vraiment hyper émouvantes. Je pense à ce moment, à 1h32, après la première grande bataille du film, où Gibson, miraculeusement victorieux, fait face à ses troupes, couvert de sang, il brandit son épée, on se demande ce qu'il va dire, et il hurle tout simplement "yhaaaaaaa !!" dans un déluge de musique (James Horner), ça me met la larme à l'oeil à chaque fois. On avait pas vu un truc pareil depuis "Conan". Parce que le Gibson, dans ce film, il en a. Grave. On pense même parfois à Sergio Leone avec des ralentis superbes avant la bataille.

Braveheart - photo 2

Bref : un Oscar du meilleur film qui, pour moi, est largement mérité. Autrement plus que pour "Danse avec les loups" par exemple (autre film réalisé par un acteur/star), film qui a de meilleures "intentions" d'un point de vue politique mais qui, d'un point de vue cinématographique, n'arrive pas à la cheville de l'épopée de Gibson.

Le 11 octobre 1995, c'était au tour de "Swimming with sharks", "Dolorès Claiborne" et "Les anges gardiens" de J.-M. Poiré de sortir sur nos écrans. Mais c'est une autre histoire...


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Un film à grand spectacle qui ne mérite ni l'indifférence, ni le mépris qui l'ont entouré.

Romantique mais rigoureuse, cette fresque historique, fondée sur des faits mal connus en France, ne peut que susciter le respect.

Mel Gibson, pour son deuxième film (1), a pris des risques qui furent récompensés par un Oscar.

Une réhabilitation s'impose.

(1) cf. "L'homme sans visage", réalisé 2 ans plus tôt

Mel Gibson - Braveheart 1
Mel Gibson - Braveheart 2
Photographies de Sarah Dunn pour les 20 ans du magazine Empire
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