11 Oscars (pour 14 nominations), soit le record à ce jour avec "Ben-Hur" et "Le retour du Roi"


titre original "Titanic"
année de production 1997
réalisation James Cameron
scénario James Cameron
musique James Horner
interprétation Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Billy Zane, Kathy Bates, Bill Paxton, David Warner
   
récompenses • Oscar du meilleur film
  Oscar du meilleur réalisateur
  Oscar de la meilleure photographie
  Oscar de la meilleure direction artistique
  Oscar de la meilleure création de costumes
  Oscar du meilleur son
  Oscar du meilleur montage
  Oscar du meilleur montage sonore
  Oscar des meilleurs effets visuels
  Oscar de la meilleure chanson originale ("My heart will go on")
  Oscar de la meilleure musique dans la catégorie film dramatique

 


Couverture du Rolling Stone du 5 mars 1998

Couverture du New Yorker du 23 mars 1998


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Le film des records. Il coûta 1,68 millard de dollars, en raison des exigences de Cameron qui fit reconstruire certaines parties du bateau à l'identique dans un gigantesque bassin artificiel. Mais le film le plus cher de l'histoire du cinéma est aussi celui du record de recettes : 12 jours après sa sortie aux Etats-Unis, il avait rapporté 100 millions de dollars. Record de longévité également pour un film commercial : le naufrage s'effectue à peu près en temps réel.

Certes, l'histoire du naufrage du plus grand baquebot du monde, qui venait d'être inauguré et heurta un iceberg le 14 avril 1912 vers 23h00, avait déjà été évoquée au cinéma par plusieurs films de qualité, mais celui-ci les dépasse sans discussion. Une partie du succès a tenu aussi à l'idylle entre Jack et Rose sur fond de lutte des classes et a lancé Leonardo DiCaprio. Mais les images du naufrage dépassent tout.

Titanic - générique

Review de Pierre

Quand le gros DVD de "Titanic" sortit, ça a été l'occasion, en ce qui me concerne, de revoir ce gros pudding, que je n'avais jamais revu depuis 1998.

Notons d'emblée la très gonflante mégalomanie de Cameron sur le packaging : signature en lettres d'or sur la jaquette, énorme photo de lui une caméra à la main quand on ouvre le bidule, etc.
Passé cet effet aussi rigolo que grotesque, chouette, le film.

Disons-le carrément : c'est un vrai plaisir de remater "Titanic" (Kate Winslet ! DiCaprio ! - en musique, s'il vous plaît). Ca dure 3 heures, on connait ça très bien, et ça prend quand même à fond la caisse, on ne voit pas le temps passer. Il y a un vrai talent de l'auteur pour créer des images que tout le monde retient, même pour des scènes d'exposition a priori sans enjeux dramatiques.

Avec un peu de temps, on voit quels sont les atouts du film qui s'imposent, et pour ma part, j'en retient un de taille : Kate Winslet. Elle est vraiment géniale, c'est ELLE et elle seule qui tient le film de bout en bout. D'ailleurs, c'est toujours la femme, le personnage important chez Cameron. DiCaprio est bien, ok, mais c'est elle qui est exceptionnelle. Dommage que sa carrière ne s'en soit pas encore remise (alors que ça a mis Caprio en orbite pour longtemps).

Autre atout majeur : un scénario très bien fait (même s'il n'évite pas l'eau de rose et la caricature), mais surtout très bien construit (tout le prologue contemporain avec Bill Paxton, qui crée l'attente, et permet d'expliciter les détails techniques, pour faire ensuite monter le suspens).

Un bémol, parce qu'il faut bien faire chier : la fin. Le personnage de Kate Winslet, devenue une vieille dame, s'endort et rêve de DiCaprio qui l'embrasse sous les applaudissements de tout le personnel du Titanic, et plouf, générique.
Qu'est-ce que ça veut dire ??? Tout simplement l'incapacité de l'auteur (ou du studio) d'assumer la fin du film, qui doit se terminer bien coûte que coûte, même si c'est en rêve. C'est très exactement une scène de "Stardust memories" de Woody Allen. Son personnage dans le film réalise un movie, dans lequel les héros terminent dans une décharge, symbolisant la mort. Ses producteurs lui ajoutent une nouvelle fin, moins déprimante, dans laquelle les personnages finissent au "paradis du jazz", à écouter un orchestre new orleans dans les nuages. Et Allen de tempêter "Le paradis du jazz ? Je n'ai jamais rien vu d'aussi stupide !". Le "paradis du Titanic", c'est pareil.

En dehors de ça, c'est juste une bombe.

Je précise n'avoir pas vu les 12 000 heures de bonus réparties sur 2 disques (comme le film). Mais je le ferai parce qu'il y a ça, dedans : Neeeeeeeear....Faaaaaaaar.....Whereeeeeeeeeeeeeever you are...

Titanic by Shoot The Glass

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

Avec "Terminator 2 : le jugement dernier", James Cameron semblait avoir atteint l’apogée de son talent et de sa carrière. A tel point qu’on se demandait quelle serait la prochaine étape de son parcours cinématographique. Lorsqu’il livra au public "True lies", un remake survolté mais guère innovant de "La Totale" de Claude Zidi, on le sentit en perte d’inspiration. Ceux qui craignaient que "Titanic", son projet suivant, ne soit un énième film catastrophe ressassant un sujet mille fois raconté et traînant derrière son sillage l’arrogante réputation de film le plus cher de l’histoire du cinéma, eurent tôt fait de se raviser. Car "Titanic" s’érige en véritable chef-d’œuvre romantique et humaniste.

Toutes les thématiques qui firent la force de "Terminator", "Aliens, le retour" et "Abyss" y sont surexposées et magnifiées : l’homme se débattant sous le poids d’une écrasante machine, les affres de protagonistes à cheval entre deux époques, l’émergence d’un héroïsme insoupçonné chez une femme meurtrie se renforçant face à l’adversité…

Le récit prend d’abord pour héros Brock Lovett, un chasseur de trésor incarné par Bill Paxton, acteur fétiche de Cameron. En fouillant l’épave du Titanic à la recherche d’un légendaire diamant, Lovett découvre le portrait d’une jeune femme arborant le bijou en question. Peu après, la vénérable centenaire Rose Dawson (Gloria Stuart) se présente à lui, affirmant être la femme du portrait. Et pour le lui prouver, elle va lui raconter son voyage à bord du Titanic, qui s’acheva par la monstrueuse catastrophe que l’on sait.

Nous voici donc transportés en 1912, le scénario prenant alors les allures de "Roméo et Juliette" des mers, puisque Rose (dès lors interprétée par Kate Winslet, la révélation de "Créatures célestes"), jeune fille de bonne famille promise à l’arrogant Carl Hockley (excellent Billy Zane), tombe amoureuse d’un dessinateur crève la faim nommé Jack Dawson (Leonardo DiCaprio, qui tint justement la vedette du "Roméo + Juliette" de Baz Luhrmann). Une romance complexe progresse alors, parallèlement au fier navire qui s’achemine lentement mais sûrement vers sa tragique destinée. "Titanic" s’efforce ainsi de mêler adroitement l’intrigue sentimentale intimiste, la satire sociale grinçante et le film catastrophe spectaculaire.

Côté effets spéciaux, nous sommes donc servis, puisque le créateur de "Terminator" a repoussé toutes les limites. Jamais personne n’était allé aussi loin dans la génération de figurants humains 100 % 3D, jamais un océan en image de synthèse ne fut plus réaliste, et jamais les morphings n’avaient été utilisés avec autant d’intelligence, servant ici de magnifiques transitions qui permettent d’effectuer de réguliers allers-retours entre 1912 et 1997. L’accident lui-même, point d’orgue du film et du drame qu’il narre, prend des proportions cataclysmiques. Macabre ride d’un épouvantable parc d’attractions, le naufrage du Titanic restera ainsi dans toutes les mémoires comme l’un des moments les plus impressionnants et les plus marquants de toute l’histoire du cinéma catastrophe. Fort de ses qualités techniques et artistiques, "Titanic" connut un colossal succès, se muant quasiment en phénomène de société et remportant pas moins de 11 Oscars.

Titanic - Cinefex de décembre 1997
Couverture du Cinefex de décembre 1997

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