| titre original | "Basic instinct" |
| année de production | 1992 |
| réalisation | Paul Verhoeven |
| scénario | Joe Eszterhas |
| photographie | Jan De Bont |
| musique | Jerry Goldsmith |
| interprétation | Sharon Stone, Michael Douglas, Jeanne Triplehorn |
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
(Précisons que le collaborateur en charge de l'analyse de la quasi-totalité des films avec Sharon Stone est un inconditionnel, un fan absolu de l'actrice.)
Transcendé, sublimé par la puissance du génie dramatique et la formidable beauté de Sharon Stone, "Basic instinct" constitue avec "Sliver" un tournant, la somme dramaturgique
charnière de cette fin de siècle dont Sharon Stone est la plus fabuleuse révélation.
La fascinante puissance du prologue de "Basic instinct" prépare l'implacable épilogue de "Sliver" ; son propre épilogue, sans fin, annonçant, grâce à l'intercession divine de
Sharon Stone, le retour et la prise de possession mystique de son appartement par Catherine, métamorphosée en Carly, dans "Sliver", à l'instar de Wotan devenu le voyageur dans "Siegfried".
De "Basic instinct" ou l'instinct fondamental à "Sliver" ou le chaos des instincts, Sharon Stone est le démiurge de la mise en oeuvre du concept nietzschien d'"instinct" : ayant,
dans "Basic instinct", imposé le règne de l'instinct fondamental dans l'élan qui détermine le choix de l'"élu" et dans celui que donne la sensation d'avoir été choisi, par la
perception de l'"autre", Catherine, devenue momentanément Carly, met fin au chaos des instincts et à l'égarement blasphématoire de ceux qui prétendent jouer à Dieu, en dressant le constat de
leurs ambitions sacrilèges.
"Basic instinct" est, par ailleurs, enrichi d'innombrables points de repères, mythologiques notamment : Catherine méditant devant le bûcher purificateur, au lendemain de la nuit
d'amour ; son environnement d'amazones, Roxane, Hazel, Beth ; sa parure précieuse dans les dernières scènes ; l'utilisation du blanc et du noir (les deux Lotus, noire et blanche, de Catherine ;
son foulard et son châle, sa robe, son manteau, son tailleur, blancs... ; les vêtements noirs de Roxane) ; le plan final où resplendit le pic-épée comme dans une crypte.
(...)
Une idéale fusion, proche du drame wagnérien, de tous ces éléments constitutifs - scénario, dialogues, décors, photo, montage, musique, interprétation - portés à leur plus haut point de rigueur
par une mise en scène idéale, confère au chef-d'oeuvre de Sharon Stone et Paul Verhoeven les tonalités rarrissimes d'une création intimiste et grandiose à la fois.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |