| titre original | "Alien : resurrection" |
| année de production | 1997 |
| réalisation | Jean-Pierre Jeunet |
| photographie | Darius Khondji |
| interprétation | Sigourney Weaver, Winona Ryder, Ron Perlman, Dominique Pinon, Brad Dourif |
| épisodes précédents | • "Alien, le huitième passager", Ridley Scott, 1979 |
| • "Aliens, le retour", James Cameron, 1986 | |
| • "Alien3", David Fincher, 1992 |
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
L'esthétique de Jeunet ("La cité des enfants perdus") convient à "Alien". De là des scènes spectaculaires et une violence étrangère aux épisodes précédents qui révèlent la touche du metteur
en scène.

Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Par quel miracle la Fox
allait-elle parvenir à mettre en chantier un 4ème "Alien" après qu’Helen Ripley (Sigourney Weaver) ait péri les bras en croix dans un bûcher purificateur à l’issue du 3ème
opus ? Partisan de la thèse du clonage, le scénariste Joss Whedon ("Toy story") proposa l’idée d’une nouvelle Ripley née des miracles de la génétique.
Conscients de la nature hybride de ce clone humain infesté de cellules extra-terrestres, scientifiques et militaires comptent l’utiliser pour mettre au point une arme biologique. Ripley doit donc
lutter à la fois contre ces officiels peu scrupuleux, mais aussi contre les créatures qui envahissent le vieux cargo où elle fait équipe à contrecœur avec des contrebandiers
patibulaires.
Après le désistement de Danny Boyle, c’est Jean-Pierre Jeunet qui s’est retrouvé à la tête de cette superproduction. « Il faut savoir que "Delicatessen" et
"La cité des enfants perdus" ont eu un fort impact aux Etats-Unis », nous confie Pitof, superviseur des effets visuels. « La profession et un petit noyau de
cinéphiles américains les ont même érigés au statut de films cultes ! La Fox a compris tout de suite que, pour que Jean-Pierre travaille dans les meilleures conditions possibles, il devait
s’entourer de son équipe habituelle. » (1) Du coup, cet épisode a pris les allures d’une "Cité des enfants perdus" dans l’espace. Entre les histoires de clonage, les décors
rétro-futuristes, les séquences sous-marines surréalistes, les coursives obscures, une vision cynique et désabusée de la science, et la présence de Dominique
Pinon et Ron Perlman en tête d’affiche, le spectateur familier de l’œuvre de Caro et Jeunet n’est pas vraiment dépaysé.
« Les gens de la Fox m'ont justement demandé d'amener mon propre univers, donc la porte était ouverte à toutes les modifications », explique Jeunet. « J'avais même établi un principe, qui
consistait à apporter une idée personnelle par séquence, pour que ça devienne vraiment mon film. » (2) Si le réalisateur a donc réussi à marquer de son empreinte la franchise "Alien",
il n’est pas vraiment parvenu à contourner les clichés inhérents à la saga. Du coup, malgré la nouveauté du traitement, nous retrouvons vite les situations que nous connaissons par cœur depuis
1979 : une poignée de protagonistes fuient dans les couloirs d’un vaisseau spatial, traqués par un alien. Certes, les créatures ont encore évolué. « Leur look est moins bio-mécanique et plus
franchement organique que celui de Giger » nous explique Pitof (3). Une scène mémorable nous montre d’ailleurs Brad Dourif qui tente de dompter ces
monstres à la salive abondante derrière une vitre.
Le film propose aussi une nouvelle créature, au cours d’une scène pour le moins troublante : un affreux nouveau-né hybride entre l’humain et l’alien, né d’amours interraciales et homosexuelles,
et qui dévore sa mère ! Mais ces apports n’empêchent pas "Alien, la résurrection" d’être le moins innovant des 4 épisodes. Au cours du final, les survivants voguent droit vers la
Terre. « A l’origine, le vaisseau devait atterrir sur la Terre du futur », nous révèle le monteur Hervé Schneid. « Mais Jean-Pierre ne savait pas trop comment
éviter les clichés, du style désert post-apocalyptique ou cité futuriste à la "Blade runner". Il a même envisagé de filmer le crash du vaisseau au pied de la tour Eiffel en ruines ! »
(4) Moins démonstratif, le dénouement tel qu’il a été filmé nous laisse entièrement imaginer la Terre du futur… et offre une ouverture alléchante pour un 5ème épisode où les aliens
attaqueraient notre planète.
(1) et (3) propos recueillis par votre serviteur en février 2002
(2) propos recueillis par votre serviteur en septembre 2009
(4) propos recueillis par votre serviteur en décembre 1997

Commentaire du chef-opérateur Darius Khondji
(source : entretien réalisé par Didier Verdurand en 2007 pour le site ecranlarge.com)
Premier gros film de cette ampleur pour Jean-Pierre
Jeunet, très difficile et complexe à réaliser. La série avait commencé avec un chef-d'oeuvre*, le deuxième** est un vrai film de guerre, le troisième*** était un peu moins réussi. Quand on
commence un film avec Jean-Pierre, on ne peut pas tromper, il est rassurant tellement il a confiance en ce qu'il fait. Je l'ai revu récemment en DVD et j'en suis très content.
* "Alien, le huitième
passager" , ** "Aliens, le retour" , *** "Alien3"
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |